‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 226 sur 235 · XII.— GuiBAUD.— La muin-d'œucre · texte numérisé non relu

XII.— GuiBAUD.— La muin-d'œucre

212 h\ MAIN-D'(ElVnE INDUSTRIELLE DANS l'aNCIENNK GRÈCE

ininterrompue de massacres, d'exils, et de spoliations réciproques.

Au milieu de tous ces désordres, leg-oût du travail se perdait. « Quand la multitude, dit Po]yl:»e, s'est accoutumée à manger le bien d'autrui, si elle rencontre un chef hardi et entreprenant, elle abuse de sa force sans scrupules'. » Parmi les démocrates, plus d\m réfléchissait qu'il était bien inutile de se donner tant de peine pour se procurer un maigre salaire, puisqu'on pouvait du jour au lendemain acquérir, à la faveur d'une révolution, la richesse ou l'aisance. Hantés par cette pensée, ils considéraient le travail comme une corvée dont ils avaient hâte de s'aiîranchir, et si la nécessité les ramenait encore à leur ouvrage, ils n'en conservaient pas moins au fond du cœur l'espoir de s'en détacher tôt ou tard. L'objet que visait principalement leur convoitise était la terre, et c'était aussi la terre qu'on partageait le plus communément ; mais ils étaient loin de dédaigner les maisons, les esclaves et l'argent monnayé. Tout leur paraissait bon à prendre, pourvu qu'ils arrivassent à la condition de pro23riétaires.

Polybe ajoute que ces agitations finissent souvent par susciter un maître absolu, qui rétablit la paix en courbant tout le monde sous son joug '. Ce ne fut pas seulement dans quelques cités isolées que surgit une autorité de ce genre ; c'est la Grèce entière qui un jour se trouva assujettie à un despote, et ce despote, qui dès lors ne la lâcha plus, fut le peuple romain. Les guerres sociales dont elle offrit le spectacle pendant plusieurs générations la livrèrent à l'étranger, d'abord en l'affaiblissant au point de la rendre totalement impuissante contre ses ennemis extérieurs, puis en déterminant les riches, las de l'anarchie, à chercher liors du pays la protection que les institutions nationales leur refusaient. Menacés sans cesse de perdre leur fortune et leur vie, condamnés à des inquiétudes et à des luttes perpétuelles, incapables de se défendre eux-mêmes, ils virent dans la domination de Rome une sauvegarde pour leurs intérêts, et ils allèrent au-devant d'elle, parce qu'ils ne voulaient pas être la proie de leurs compatriotes -^

1. Polybe, VI, 9, S : SuvetOiTixâvov -6 -ÀfjOoç £cïOf£iv xà àÀXorpia, xa\ ta; IXtwÎÔxç ïysiv TOÙ' 'Cr|V È--. lOt; tojv TiiXa;, ciiav Xà6ri ;;po'JTâT7jV [i.îyaXocppova ■/.%'. ToXixripov TOT£ Sr) ■/e'.pox.paxi'av àTCOXcXe?.

2. 1(1., VI, 9, 9 : Kaî xdxî a'jvaOpoiiJd;j.îvov (r:XfiOo;) r.ouX azixya;, ç'jyà;, yf,; àvaoaaixoù;, ïw; av à7:ox£0-/jpiw[i.£'vov rocÀiv cupr] o^'Jtto'xtiv za'. [j.dvapyov.

3. Tout ceci est plus amplement développé dans La Propriété foncière, Livre IV,cli. 2 et :{.

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