IV
22 LA main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GRÈCE
s'interposait entre eux et lui. Il y a dans Y Iliade un passade où l'on voit plusieurs individus en train de préparer une peau de bœuf qu'un homme (àvYjp) leur a confiée'. On les appelle Xaoi; ils sont libres par conséquent, mais subordonnés à celui qui les a chargés de ce travail-, et rien n'empêche de les reg-arder comme les ouvriers d'un chef d'industrie, A cha({ue pas, l'épopée nous si^male, sous le nom de thètes, des gens de basse condition, dont le trait caractéristique est qu'ils touchent un salaire ([j.tc06c ■^). Recrutés d'ordinaire dans cette masse flottante de vagalîonds, de mendiants, d'aventuriers et de bannis qui parcouraient le monde grec, ils louaient leurs bras, pour un temps plus ou moins long, à quiconque voulait les prendre à son service '*, et j'imagine que beaucoup étaient enchantés d'entrer dans quelque atelier"'. A moins d'avoir une habileté exceptionnelle, ils devaient se montrer fort peu exigeants, car généralement la faim les pressait''\ Comme la monnaie n'était pas encore en usage, on payait l'ouvrier en nature, par exemple en vivres et en vêtements ^ ; mais parfois on le chicanait sur les clauses du contrat, et on le renvoyait en lui retenant ses gages ^, sans qu'il eût toujours les moyens de se faire rendre justice^.
Il serait intéressant de connaître l'importance relative qu'avaient alors la main-d'œuvre libre et la main-d'œuvre servile. Nous n'avons par malheur sur ce point que des lueurs bien incertaines. Ce qui prévalait dans l'industrie domestique, c'étaient les esclaves, surtout les femmes; encore ne faut-il pas oublier que là même une place était réservée aux personnes libres. Hors de la maison, au contraire, les métiers étaient tous