‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 45 sur 235 · Aristote, Gouv. des Athén · texte numérisé non relu

Aristote, Gouv. des Athén

9. Il demandait TTiv 7:oX'.Tîi'av ijlt) îîàaiv, àXXà -otç yf)^ £/ovtai zapaBoCîvai (Argu ment du XXXIV' discours de Lysias).

tard, quand la Macédoine introduisit h Athènes un rég^ime censitaire, le cens fut déterminé par la richesse, et non par la richesse foncière '. La seule trace peut-être qui ait subsisté du privilè^^e dont jouissaient jadis les propriétaires, c'est la règle qui voulait, dit-on, que tout stratège eût un fonds de terre en Attique-. Mais le silence d'Aristote sur cette loi indique qu'elle était tombée en désuétude. Dès la fin du V* siècle, cette dig^nité fut conquise, sinon par les artisans, du moins par les chefs d'industrie •'. Les conservateurs étalent fort scandalisés de cette innovation ; mais ils n'en contestaient pas la lég'alité, et Aristote donne à penser qu elle fut amplement justifiée par l'incapacité qu'avaient montrée précédemment beaucoup de stratèges de noble extraction^.

Tout ceci dénote un état d'opinion singulièrement favorable aux arts manuels, et à ceux qui les pratiquaient. Si les hommes bien nés, si les esprits raffinés éprouvaient pour eux quelque dédain ^, ce sentiment n'allait guère au delà de la répulsion qu'inspirent chez nous à la haute classe ces sortes de professions. Dans tous les cas, il ne dépassait pas le cercle étroit des gens qui se piquaient de ne pas ressembler à tout le monde. Lorsqu'on lit, non pas des pamphlets comme les comédies d'Aristophane ou l'écrit du Pseudo-Xénophon sur le Gouverne' ment des Ath?'niens , mais des documents impartiaux en cette matière, tels que les plaidoyers des orateurs attiques, on a l'impression que le travail industriel n'avait pour les contemporains rien d'humiliant ni de méprisable. Chacun parlait de son métier sans honte et sans emljarras. et on ne remarque pas que Démosthène ait rougi, ou que ses adversaires lui aient jamais reproché d'être le fils d'un armurier. Le potier Euphronios , ayant voulu faire une offrande à Athèna, énonça dans sa dédicace son titre de

1. En 322, Antipater -r,v ~0A'.-z'.y.v asTÉaTrjaEv âz t?,: orjaozparîaç zaï -poTÉra^îv

xjptojç îlvai TOJ -oX'.TEjaaTo; zaî -f^ç /i'.poTovîa; (DiODORE, XVIII, 18). Cassandre en 318 réduisit le cens de moitié (XVIIl, 74).

2. DixARQUE, C. D'hnosthène, 71 : F^v èvtô; op'ov zîZTTjaOai. D'après le contexte, il est douteux que ce fût là une prescription légale.

3. Election comme stratèges d'Eucratès, marchand d'étoupes, en 432 , de Lysiclès, marchand de moutons, en 428, de Cléon, corroyeur, en 425, 424 et 422 (EupoLis, 117 Kock ; Aristophane, Grenouilles, 727-733).

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