Platon, Gorgias
44 LA main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GRÈCE
x£oa[xs'jc, comme s'il en eût été très fier'. Le foulon Simon, le coiToveur Smikros, les potiers Mnésiadès et Néarchos imitèrent son exemple-. On n'était nullement choqué de voir un cordonnier ou un forg-eron représenté sur un bas-relief funéraire dans l'attitude d'un personnage héroïsé, et en même temps avec les insignes de sa profession 3. On accueillait avec bienveillance les industriels étrangers qui venaient se fixer à Athènes, et on ne croyait pas avilir la qualité de citoyen en la leur conférant*. Périclès se vantait d'avoir fourni à ses compatriotes du travail et des salaires en donnant une vive impulsion aux embellissements de la ville '^. Or il est évident qu'il n'aurait pas tenu ce langage, si cette politique avait heurté le sentiment public. On n'oubliera pas enfin que les artisans étaient placés sous le patronage spécial d'Héphaistos et d'Athèna, et qu'ils se glorifiaient de descendre de ces deux divinités *>.
Les diverses professions n'étaient pas assimilées les unes aux autres. Il y en avait dans le nombre qui étaient réputées indignes de quiconque se respectait. D'après Athénée, Solon interdit aux honnêtes gens celle de parfumeur " ; mais cette prohibition légale dut à la longue disparaître, puisque Eschine le philosophe ne dédaigna pas ce métier 8. Le lexicographe PoUux cite encore les bateliers, les tanneurs, les corroyeurs et les charcutiers 9. Peut-être cette classification est-elle un peu arbitraire. Il semble en elTet que l'auteur, pour certaines de ces industries, se soit trop docilement inspiré d'Aristophane, et" qu'il ait attribué une portée trop générale aux injures que dans les Chevaliers le poète prodigue au fabricant de cuirs Gléon et à son rival le marchand de boudins. Sauf les métiers notoirement sordides ou infâmes, la plupart étaient plus ou moins estimés suivant le goût de chacun, et ce serait s'exposer à de graves erreurs que
i, CIA., IV, i, p. 79, n« 362.