‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 71 sur 235 · Lucien, I · texte numérisé non relu

Lucien, I

8. Platon, Protagoras, 16. Peut-être y a-t-il encore une allusion à cela dans DioDORE, I, 74.

68 LA aiAIN-DŒUVRE IMDLSTKIELLE DANS LAiNClENNK GRÈCE

procédés de fabrication '. Le patron faisait à son gré des articles de bonne qualité ou de la « camelotte ». S'il lui convenait de sengourdir dans la routine, il n y avait pas de loi qui Toblif^eât à en sortir. Si, au contraire, il s'ing-éniait k chercher du nouveau, ses inventions tombaient aussitôt dans le domaine public, et il n'avait pas le droit d'en revendiquer la propriété exclusive. On ne signale qu'une dérogation à cette règle. Plutarque raconte qu'à Sybaris, lorsqu'un cuisinier avait imaginé un mets délicat, il avait seul le privilège de le confectionner pendant un an-.

Les Grecs connaissaient les « monopoles » ; mais ils entendaient surtout par ce mot les accaparements. Ce genre de spéculation n'était illicite, du moins k Athènes, que s'il s'appliquait au blé; pour tout le reste, il était autorisé. Le philosophe Thaïes, ayant prévu dès l'hiver, à l'aide de sa science astronomique, qu'il y aurait k la saison beavicoup d'olives, afferma à bon compte tous les pressoirs de Milet ou de Chios ; puis, au moment de la récolte, comme tout le monde en avait besoin k la fois, il les sous-loua aux conditions qu'il voulut-^. Un Syracusain consacra cinquante talents k l'achat de tout le fer produit par les mines de Sicile, si bien que nul ne put s'approvisionner ailleurs que chez lui, et il lui suffît de hausser légèrement les prix pour doubler sa mise de fonds '^. Ce n'étaient pas seulement les particuliers, c'étaient aussi les gouvernements besogneux qui agissaient de la sorte, et Aristote est loin de les en blâmer''. Même en laissant de côté les objets d'alimentation •', on voit la ville de Byzance attribuer à une banque le monopole du change % et l'Athénien Pythoclès conseiller k ses compatriotes d'acheter à raison de deux drachmes tout le plomb du Laurion pour le revendre trois fois plus cher^. On devine les consé-

1. Athénée (XV, p. 686 F) prétend que les Lacédémoniens bannissaient de Sparte ro'oç ta spia [jàxTovxa; wç àcpaviÇovia; -r]v Xi'jy.o-^r^xa xii'pj âpi'wv. L'assertion est suspecte, si l'on réfléchit qu'à la guerre les soldats Spartiates portaient a-oXfjV ^ovnvAfia (Xénophon, Gouv. des Lacédém., XI, 3).

2. Phylauque, IV. 45 : Eî oi tu tojv 0'|o;tOtoJv r] [j.ay£i'p'ov sîlpot [îpiTjij.a /.aX TispiTTOV, xr)v iÇo'jaîav \}.r^ slvat yprjaacrOai Touxio STSpov r.oô ÈvtauToù', àXÀ' auTO) TCO eupovTt tÔv ypovov toùtov, o'-oj; ô TipwTo; sûptov xal Tf|V ipyaaiav è'/t].

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