‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 94 sur 235 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

L'esclavage fut un fait g-énéral dans le monde hellénique et il prit de siècle en siècle une extension plus grande.

Les Grecs n'ont jamais douté de la lé<j;itimité ni de la nécessité de cette institution. Aristote écrit que la famille est « un composé d'hommes libres et d'esclaves ' », et il se félicite qu'il en soit ainsi. « Quelques-uns, dit-il, prétendent que l'autorité du maître est contre nature, que si l'un est esclave et l'autre libre, c est la loi qui le veut, que par nature il n'y a entre eux aucune différence, et que la servitude est l'œuvre, non de la justice, mais de la violence. » Il est loin, quant à lui, de jjartac^er ce sentiment. « L'homme, pense-t-il, ne peut se passer d'outils, ne fût-ce que pour se procurer les choses indispensables à la vie. Parmi ces outils, les uns sont animés, les autres inanimés. Pour un capitaine de navire, le g-ouvernail est un instrument inanimé, et le matelot qui veille à la proue un instrument animé. Tout objet que l'on possède est un instrument utile à la vie, et la propriété est l'ensemble de ces instruments. L'esclave est une propriété animée et un instrument supérieur à tous les autres -. » Tout en reconnaissant que certains individus, comme les prisonniers de guerre^ ne sont esclaves que par accident, le philosophe estime que beaucoup sont faits pour être esclaves, et que c'est là leur destinée véritable. De même que tout être humain est organisé de manière à ce que l'àme commande et le corps obéisse, de même aussi « l'homme qui est inférieur à ses semblables autant que le corps l'est à l'àme ou la brute à l'homme, est esclave par nature, et il est avantag-eux pour lui qu'il le soit. Or telle est la condition de ceux qui ne valent que par leur force physique '. » Si un g^rand esprit comme Aristote énonçait

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