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94 LA main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GRÈCE
de pareilles idées, on devine quelle devait être ropinion commune.
Plusieurs causes contril)uaient à alimenter l'esclavag-e.
D'abord la naissance. A l'époque homérique les esclaves nés dans la maison du maître étaient rares ^ ; dans la suite, au contraire, ils furent très nombreux. Le recueil des actes d'affranchissement, publié par MM. Wescher et Foucart, nous indique une proportion de cent cinq esclaA-es oly.o^fzvv.ç sur deux cent ving-t-neuf ', et une nouvelle série de documents du même ordre nous en sio^nale quarante-deux sur soixante-neut 3. Les esclaves n'étaient pas aptes k contracter un mariage légal ; mais il pouvait s'opérer entre eux des rapprochements plus ou moins durables, que le père de famille tolérait , qu'il favorisait même parfois au g-ré de sa fantaisie ou de son intérêt. « Nous devons empêcher nos esclaves, dit Xénophon, d'avoir des enfants sans notre permission ^. » Aristote recommande de s'assurer de leur fidélité en leur accordant par intervalles la faculté d'en procréer •'. Dans une comédie d'Aristophane, Praxag-ora trouve tout naturel qu'une esclave couche avec un esclave '' , et une anecdote racontée par Stobée indique que souvent il y avait là, pour les riches, matière à spéculation '. Sous la domination romaine, il n'était pas sans exemple que la femme aifranchie fût obligée de fournir à son maître un ou plusieurs enfants avant sa libération détînitive ^.
Les enfants issus de ces unions serviles étaient le bien du maître au même titre que le croît du bétail-'. Il est vrai que
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