L ESCLAVAGE
les occasions, même de la confusion que le hasard provoquait quelquefois dans les cérémonies publiques'. Pausanias parle d'un Phrygien qui fut ravi tout jeune à sesparents et vendu à^iEgées*. Une inscription nous montre des pirates faisant une descente à Syros, et s'emparant de plusieurs esclaves*. Un autre nous informe quune nuit des brigands débarquèrent à Amorgos et prirent une trentaine de personnes. Deux d'entre elles déterminèrent le capitaine de ta bande à laisser libres leurs compatriotes, moyennant la promesse d'une rançon, et elles acceptèrent « de rester elles-mêmes en otage, afin, d'empêcher que leurs concitoyens fussent vendus, maltraités ou frappés de mort; » de cette manière, « les captifs furent sauvés et rendus à leur patrie sans dommage '•. » Platon fut victime en Sicile non pas d'un acte de piraterie, mais d'un indigne abus de la force, quand Denys de Syracuse, irrité de la franchise de son langage, chargea leLacédémonien Pollis de le vendre k Sparte ^.
L'esclavage pouvait être engendré par un fait d'ordre juridique. De tout temps, les lois grecques autorisèrent les parents k abandonner les nouveau-nés sur la voie publique; celui qui recueillait l'enfant avait la faculté de le garder h son service ou de le céder à autrui, A Thèbes, le père qui voulait se débarrasser de son enfant l'apportait aux magistrats, et ces derniers le vendaient aux enchères; l'adjudicataire avait dès lors sur lui tous les droits d'un maître sur ses esclaves''. Originairement, la puissance paternelle s'étendait à la vie et à la liberté des personnes qui s'y trouvaient assujetties, si bien que la misère était pour le père de famille un motif suflïsant de vendre son fils ou sa fille'; A Athènes, après Solon, il ne lui fut permis de vendre que sa fille, et encore si elle était coupable d'inconduite". Dion Chrysostome prétend que l'ancienne coutume subsista chez beau-
i. PtAUTE. Curcuiio, 644-650 ; Menaechmi, pi-ol., 30-33.