CIA, I, p, IÔ2, Cf. IV. I, p
6. J'emprunte les éléments de celle statistique â DI, 135C-23i2. J'ai négligé les documents qui se trouvent au BCA, XXII, p. 9 et suiv., parce qu'ils sont de l'époque romaine. — On a prétendu que ces pris étaient fictifs et qu'on ne les inscrivait dans les actes que pour calculer les amendes cncoU' rues par les individus qui tenteraient dans la suite d'asservir indûment l'affranctii, et par les garants qui négligeraient de le défendi-e (Cf. Chap, IX). La chose est peut-être vraie de quelques-uns de ces prix ; mais nous avons
108 LA mais-d'œlvhe i>d[tstriellr dans l'akcienne ghèce
Le malheur est que nous ignorons la profession de toutes ces personnes; et pourtant c'est là ce qui nous intéresserait le plus. J'imagine que parmi elles il y avait beaucoup d'esclaves domestiques, comme semble l'attester ce fait que même après leur affranchissement elles devront rester quelque temps au service de leurs maîtres. Je conjecture aussi que plusieurs étaient des esclaves de luxe, et ainsi s'expliqueraient les gros chiffres que nous avons notés dans ces documents, à supposer qu'ils soient tous réels. Mais ce que nous voudrions savoir avant tout, ce sont les prix des esclaves employés dans l'industrie, et notre curiosité n'est satisfaite que pour un d'entre eux, pour un corroyeur, qui est évalué dix mines (1.000 fr. environ).'
Il ressort d'un passage de Xénophon qu'au milieu du IV" siècle on pouvait avoir un esclave mineur, soit pour cent cinquante-trois drachmes, soit pour cent quatre-vingt-trois-. Ce témoignage est confirmé par un texte de Démosthène, où l'on voit Nicobule consentir un prêt de i.SOO drachmes, garanti pnr trente esclaves, ce qui donne laO drachmes pour chacun d'eux''. Le même auteur déclare que son père laissa en mourant trentedeux ou trente-trois esclaves armuriers, et vingt esclaves en meubles. Les premiers valaient d'après lui de trois à six mines par tète ; mais il avoue que les meilleurs furent vendus par son tuteur à raison de deux mines, probablement au-dessous de leur
la preuve qu'en général ils étaient réels, et qu'ils furent exactement payés, .\insi au n° I'Ï2II le maître déclare que les cinq mines de rançon Ini ont été remises par un tiers. Au n" 1749 on voit que l'affranchi a donné comptant une mine et demie, et qu'il demeure débiteur du reste. Il en est de même au n" 1754; le solde é^al à la moitié de la rançon servira k rembourser une dette contractée par le maître. Au n° (867 il est dit que la rançon de six mines sera payable par annuités d'une demi-mine. Au n" 1909 l'affranchi s'engage à verser une mine par an pendant treize ans. Le doute n'est guère possible que pour un petit nombre de cas. On se demande par exemple comment de jeunes affranchis auraient pu acquitter les rançons de 400, 500 et I.OOO fr. qui figurent parfois dans leurs actes (WF, 260, 311, 3-j3, 423 ; DI, 2225). Deux personnes alTranchissent un garçonnet moyennant la forte somme de cinq mines, et en même temps l'instituent leur léfrataire universel; il est probable que son prix n'est là que pour la forme (DI, 2178).