‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 135 sur 229 · iii(f.,XXXVll · texte numérisé non relu

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132 LA main-d'oîivre industbiri.i.k DA^8 l'anciknne grèck

meuble, il consistait en une rente analogue à un loyer ordinaire. La fabrique de Pasion, par exemple, était louée à raison d'un talent par an. De même Fanténète versait entre les mains de ses bailleurs cent cinq drachmes par mois, pour un capital de lO.SOO drachmes, soit un intérêt annuel de IS^/o, Lorsqu'au contraire on ne louait que des esclaves, on stipulait une redevance de tant par jour et par tête. Mais quel que fût le mode adopté, tout le profit était pour le maître, et l'esclave ne recevait rien sur son gain ; souvent même c'est au maître qu'était payé le salaire. Pour établir que Kerdon était l'esclave d'Aréthousios, Démosthène se borne à constater qu'Aréthousios encaissait l'argent gagné par Kerdon'. Les esclaves de Thérippide employés chez Démosthène ne touchaient pas une obole ; c'est à Thérippide que leur salaire était remis ^. Théophraste cite comme un trait d'avarice le fait de se servir en voyage des esclaves de ses amis, tandis qu'on loue les siens pour une redevance qu'on s'approprie en entier '. Dans VAsinaria de Plaute, traduite du grec, on lit ce bout de dialogue : « L'esclave Dromon t'a-t-il remis son salaire? — La moitié seulement, je crois. — Et le reste? — Ha dit qu'il le donnerait dès qu'il l'aurait reçu. On le lui retient pour garantir de l'achèvement de l'ouvrage*'. » Au salaire s'ajoutaient parfois les frais de nourriture ; mais cette règle souffrait des exceptions*. Hntin le preneur devait indemniser le bailleur, s'il arrivait que l'esclave loué éprouvât chez lui quelque dommage*'. Cette pratique était tellement entrée dans les mœurs que certains individus achetaient des esclaves uniquement pour les louer à autrui ; on plaçait son argent sur un être humain, comme sur un champ ou une maison. Telle est la spéculation que faisaient Ariston et Théomnestos au temps d'Hypéride'. Nicias avait au Laurion mille esclaves qu'il louait au Thrace Sosias pour mille oboles par jour*. Hipponikos en avait six cents dont le rende-

1. Démosthène, LUI, 20 : Ilip' oÎî toîvuv lip^iiaio (Kerdon) inirtOTt, toùî

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