ArusTOTE, Erag. 575 (Rose
plus, Diodore afRrme qu'à Rhodes on eut soin d'indemniser les propriétaires qu'on privait ainsi de leurs esclaves, et il est probable qu'on suivit la même règle dans tous les cas analogues. Le maître, d'ailleurs, avait la faculté de renoncer à toute compensation pécuniaire. On a dit qu'alors la cité lui marquait peut-être sa reconnaissance en l'associant à l'acte d'affranchissement; mais ce point reste bien douteux'.
En temps normal, un esclave isolé pouvait acquérir la liberté, en signalant îi la justice l'auteur d'un crima ou d'un délit. Quand l'esclave avait témoigné contre l'inculpé, l'accusateur, pour prix du concours qu'il lui avait prêté, l'arrachait souvent k la servitude, et le maître n'avait pas le droit d'y faire obstacle. De là cette réflexion d'Antiphon : " Habituellement on donne de l'argent aux dénonciateurs libres, et la liberté aux esclaves ". » Parfois c'était de la loi elle-même que l'esclave recevait la liberté. Un décret de Kéos décide que tout individu qui exportera le vermillon de l'île ailleurs qu'à Athènes, perdra à la fois le navire et la cai^aison ; le dénonciateur touchera la moitié du produit de la confiscation, si c'est un homme libre, et il sera déclaré libre, si c'est un esclave ^.
Certains actes politiques conféraient à l'esclave le même avantage. Une loi d'Ilion encourage le tyrannicide en ces termes : « Si le meurtrier est un esclave, il jouira de tous les droits et sera créé citoyen. La cité lui allouera trente mines le jour même ou le lendemain, et, sa vie durant, une drachme parjour^. » Peut-être des dispositions de ce genre se retrouvaient-elles dans les autres législations helléniques ■^.
A part ces exceptions, l'esclave n'avait à attendre sa liberté que du bon plaisir de son maître. On s'est demandé s'il ne pouvait pas le contraindre à la lui vendre, quand il avait de quoi la payer. Mais les textes sont loin d'avoir cette portée '•. Au surplus, qui aurait empêché un maître récalcitrant de se soustraire à celte
1. CIGS, m, 109 : '0 SâjiOî 'E).ai£(uv xai MevÉxi-eia Aifti^^nivai àçi'svTi èïeilflepov Stéçkiiuv tov 3ïtc< 7;(po|rs(poï TtatjSa AâlJ.repio{ïOî). G. Foucaht, p. 10-il. M. Dittenbei^er suppose que le peuple d'Elatée est intervenu ici pour servir de iijpios à Ménécléia, qui ne devait pas avoir de parents,