Surla rpîaiç art' èXiuetp^a, voirG. FoucABT, p
vantes pour établir que l'esclave Milyas avait été réellement affranchi par le défunt '. Il y avait bien une manière de conjurer cet inconvénient, c'était de rédiger l'acte en plusieurs exemplaires que l'on conRait à des mains différentes, comme fit Théophraste pour son testament. Maïs cette précaution semblait insuffisante, et on fut conduit à en imaginer plusieurs autres.
La plus simple consistait à graver sur la pierre la déclaration du maître; c'était aussi la plus usuelle, car les documents de cette espèce abondent dans l'épigraphie. Parfois l'acte était déposé dans un temple et confié à la garde du dieu -, Ailleurs il était remis aux magistrats de la cité, ou même passé devant eux^. On a des inscriptions officielles qui énumèrent, mois par mois, des noms d'affranchis accompagnés du nom de leurs anciens maîtres '. Dans certains pays il était de règle que l'esclave, au moment de sa libération, versât à la caisse municipale une somme fixe; la mention de cette recette sur les registres publics attestait le changement qu'avait subi sa situation ■'.
La Grèce centrale adopta un mode d'affranchissement tout à fait original''. Le maître cédait l'esclave à une divinité, sous forme d'offrande ou de vente. L'esclave tombait dès lors en possession du dieu; il était qualifié Up;, et il semblait se confondre avec les hiérodules, c'est-à-dire avec les serviteurs attachés au temple. Mais ce n'était là qu'une apparence. Dans le contrat conclu avec le dieu, le maître avait spécifié qu'il lui abandonnait son esclave, (i pour qu'il fût libre », et le dieu renonçait immédiatement à son droit de propriété. Cette combinaison avait l'avantage de ménager à l'affranchi la protection du dieu, et d'assimiler à un sacrilège toute atteinte à sa liberté.
C'est dans les inscriptions de Delphes et des pays voisins qu'on aperçoit le mieux comment fonctionnait cette institution. Le maître se rend au temple qu'il a choisi ; là il vend son esclave au dieu, et le prêtre lui en délivre le prix. Mais dans ce marché le prêtre n'est qu'un intermédiaire, et l'aident qu'il verse, il Ta reçu
i. DiMOBTHÈNE, XXIX, 25-26.
2. DI, 1346 et suiv. ; American Journal of Archaelngy, XI, p. 49.