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tm TRAVAIL LIBRE lti3
d'Athènes à Panticapée'. Ainsi s'explique en quelque manière la dilFusion des styles et des procédés en usa^e dans cette branche des arts industriels. On cite un bronzier que les circonstances avaient conduit de Lucanie à Rhodes-. Le philosophe Gléanthès, étant allé d'Assos à Athènes, travailla pour vivre chez un jardinier et chez une boulangère 3, Au temps d'Aratos vivait à Argos un Sicyonien qui fabriquait des échelles ^ Dans le courant du iv" siècle il y avait à Delphes un Athénien qui vendait du piomb, et peut-être le fondait^. On a découvert à Naples l'èpitaphe d'un homme d'Antioche qui faisait des étoffes de soie ^. Hérondas parle d'un corroyeur de Chios ou d'Erythrées, qui s'était fixé à Cos', et on ne saurait douter que la réalité ne fût souvent conforme ù la fiction de l'auteur.
Ce sont là, en somme, des témoignages un peu maigres. Pour Athènes, heureusement, nous sommes beaucoup mieux renseignés. J'inclinerais à considérer comme des étrangers (ou peut-être des affranchis) le meunier Gérys, le doreur Gourgos, le baigneur Callias, le peintre Leptinès, le teinturier Onésimos, dont les épitaphes n'indiquent pas le dème ^. Il ressort d'un relevé fait par M. Clerc en 1893 que les métèques fournissaient à l'industrie une multitude de patrons et d'ouvriers, et que leur activité s'appliquait à la plupart des métiers". Depuis, d'autres documents ont permis d'allonger encore la liste qu'il en donne. Je n'en signalerai qu'un : c'est un décret accordant le droit de cité à plusieurs individus qui ont aidé au rétablissement de la démocratie en 403. t)n y distingue un cuisinier, un charpentier, un muletier, un maçon, un tailleur de pierres meulières, un foulon et un statuaire '". Si l'on ajoute que c'est en grande partie dans cette classe que se recrutaient les négociants en gros et en détail et les banquiers, on comprendra le rôle capital qu'elle jouait dans la vie économique de la cité.
1. Rayet et CoLi.jooN, Hitloire de lacéramiiiiu: grecque, p. 263.