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2" Les citoyens.
Les Spartiates pensaient qu'il existait une Incompatibilité absolue entre la dignité de citoyen et l'exercice d'une profession quelconque. D'après eux, le citoyen se devait tout entier à rr'tat; il avait reçu un lot de terre que les Hilotes travaillaient pour lui, et qui suffisait h le nourrir; il n'avait donc aucun prétexte pour se livrer personnellement à une occupation lucrative, et il abandonnait à d'autres tous les métiers industriels'. Dans cette société hiérarchiquement constituée, où, depuis les esclaves jusqu'aux « Egaux », s'échelonnaient une série de classes bien distinctes et souvent ennemies, il se faisait entre elles une sorte de partage d'attributions, les plus nobles, c'est-à-dire le ser\'ice militaire et le gouvernement de la cité, étant réservées aux citoyens en possession de tous leurs droits, les plus basses, c'est-à-dire le soin de jwurvoir par l'agriculture, par le commerce, par la navigation, par la pratique des arts manuels, aux besoins matériels de tous, étant attribuées aux périèques, aux serfs et aux esclaves.
Il y avait en Grèce d'autres Etats où l'opinion publique envisageait avec défaveur le travail du citoyen ; il y en avait même où la loi le prohibait complètement^. Partout, au reste, on estimait beaucoup plus le travail agricole que le travail industriel^. C'était là un préjugé très vivace qui remontait à l'époque aristocratique, et dont il serait facile de retrouver la trace jusque dans les sociétés modernes. Mais, pour quelques individus qui en subissaient l'empire, on en remarque un grand nombre qui ne s'en souciaient guère. Il est assurément impossible de déterminer la part que prenaient les citoyens à la production industrielle; on sait seulement qu'ils y prenaient une large part, soit comme
t. Xénophon, Goat). des Lacèdoin., VII, 2 : '0 AuxoÛpYO^ .toî; [ièu iXtuBipoiî iiûv à[i<pt ^pii;j,aTia[j,ov à];Efi;E [1t,^cvo; ântsaSai. Il y a là une exngération, car le travail était permis aux périèques, qui étaient des hommes libres, sans être citoyens. Plutarque, Lycurgue, 24 : "Vt/irn Si)iao6m Pavaiaou to jcapicav où»