Ibid., XV, 435 et suiv
ne rougit pas de posséder « des esclaves que le noble Ulysse a razziés pour lui '. » C'était une question toute simple que de demander à un esclave (i s'il était né dans une ville que la guerre avait ruinée », ou bien s'il avait été victime de quelque acte de piraterie ". DaiTS les hymnes homériques, nous voyons des pirates chargés de s'emparer de Démèter et de Dionysos ■', et Hérodote, au début de son histoire, nous décrit des Phéniciens qui font brusquement main basse sur les Argiennes réunies autour de leurs navires pour acheter les marchandises mises en vente *.
Les esclaves de naissance étaient fort rares ^. Ils n'apparaissent en nombre que dans le dernier chant de l'Odyssée, qui compte parmi les plus récents ''. En revanche, beaucoup étaient acquis par voie d'achat *, d'échange ^, ou de donation ^. Les prix variaient selon les circonstances. Un fils de Priam, Lycaon, fut vendu par Achille pour cent boeufs'". Inerte céda vingt bœufs pour avoir Euryclée, sa gouvernante*'. Une esclave « habile aux travaux de son sexe » est estimée quatre bœufs'^. Il se peut d'ailleurs que ce soient là des chiffres de fantaisie, sans rapport avec la réalité.
Les hommes étaient généralement employés à l'élève du bétail et à la culture du sol; quelques-uns pourtant étaient alfectés au service intérieur. Quant aux femmes, c'étaient elles principalement qui constituaient le personnel domestique. L'esclavage était tellement dans les mœurs que certains esclaves, comme Eumée, avaient eux-mêmes un serviteur '^. Auprès des riches et des rois