LE TRAVAIL INDUSTRIEL DANS LA GRÈCE HOMÉRIQUE
il V avait des esclaves è foison, claquante dans le palais d'Alkinoos, et autant dans celui d'Ulysse '. Cette surabondance s'explique par la diversité de leurs occupations. Elles n'étaient pas seulement chargées des soins du ménage; elles devaient de plus moudre le grain, faire le pain, iiler, tisser, confectionner les vêtements ^, La maison était une espèce d'atelier où se fabriquaient les objets d'un usage courant. La maîtresse du logis en avait la surveillance directe. Toute la journée elle se tenait dans son appartement, et elle travaillait ih au milieu de ses esclaves ', Il semble que, pour stimuler leur paresse, on obligeât parfois chacune d'elles à accomplir telle tâche dans un délai déterminé *. Une pièce spéciale, gardée par une femme de conliance, renfermait, avec les provisions de bouche, les matières brutes et les produits façonnés ^. Naturellement, on recherchait de préférence les personnes qui étaient d'excellentes ouvrières, comme les Sidoniennes ''. Les novices étaient formées par les plus âgées. Ainsi la vieille nourrice Eurjclée parle à Ulysse des esclaves " qu'elle a instruites à peigner le lin '. » De même Démèter, quand elle offre ses services aux filles du roi Kéléos, se vante de pouvoir '< enseigner aux femmes leurs métiers "*, n
L'esclave est appelé dans Homère £[j;ui;, S[j.w^. Ce terme ne paraît pas dériver de Safwiw, dompter ", mais plutôt de îs;j.3ç, maison ; le Sjaw;, comme l'otxsù;, est « l'homme de la maison », au même titre que le famulua romain est l'homme de la familia '*>. u Dans les idées primitives, remarque avec raison Summer Maine, on ne concevait que les rapports formés par le lien familial. La famille se composait d'abord de ceux qui lui appartenaient par le sang, puis des adoptés, puis des esclaves". »
t. Od., Vil, 103; XXII, 4-21.
2. Bl'<:iiiiolz, Die Uomeriichen Realien, II, 2, p. T7-"8. Les ouvrières faisaient souvent ofTice de servantes, et les esclaves ruraux de serviteurs (Od., rV, 681-683; XX, 25.V255}.
3. //., VI, 4yO-493 ; Ei; oîxov lavia. ti o'nÙT?iî ïp^a xtijiiÏE. 'lorôv T'^Xaxirtiv te, xnt à[j.fi]CDXo<9i xe'Xcu "Ep^ov iT,ai'/iihi\.