‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 201 sur 229 · U VIE DES OUVRIERS · texte numérisé non relu

U VIE DES OUVRIERS

Il y avait des villes, comme Gortjne, où la classe des atTraachis et des métèques, qui fournissait beaucoup de travailleurs à l'industrie, était confinée dans un quartier déterminé ' . Il n'en était pas de même h Athènes; là l'ouvrier louait où il lui plaisait; mais il semble qu'il choisit de préférence les dèmes urbains de Mélité et de Kjdathénaïon, les faubourgs de Koilé et de Kiriadae, et le Pirée ^.

<( La plus grande partie de la population demeurait dans de misérables appartements, ouverts directement sur la rue, composés de deux pièces très petites et parfois d'une chambre au premier avec escalier intérieur. Le rocher aplani ou coupé formait le sol, souvent aussi les parois inférieures de l'habitation. Les parties les plus élevées du mur étaient construites en bois, en brique crue, en cailloux reliés par un mortier de terre délayée. Le rezde-chaussée servait fréquemment de boutique. Les mansardes du premier étage, où conduisait alors un escalier extérieur en pierre ou en bois, étaient louées d'ordinaire à de pauvres gens. » On aperçoit encore aujourd'hui à Athènes quelques vestiges de ces anciennes maisons où s'entassaient les artisans. Les ruines d'Éphyra, près de Corinthe, olfrent un aspect analogue. On y remarque notamment un logis dont les quatre côtés sont presque intacts, et qui mesure 3 m. 10 sur 4 m. 10; un autre de 6 m. sur 7 m. 20, divisé en quatre pièces; un troisième à deux chambres avec une issue unique sur le devant, tout cela taillé dans le roc''.

Un industriel qui possédait plusieurs esclaves ne devait pas leur procurer une installation plus confortable. Seuls, les serviteurs domestiques étaient convenablement traités à cet égard,

l.'lJ, 1, p. 420-421.

, Die Stadt Athen int Allerthum, II, p. 257 et suiv. , Dîrlionnaiif des aniiquiléa. II, p. 34i-443.

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parce qu'ils 'étaient étroitement mêlés à la vie de leurs maîtres, qui voulaient les avoir toujours sous la main. Quand le même toit abritait des esclaves àe l'un et l'autre sexe, on avait soin de les séparer, « de peur, dit Xénophon, qu'ils ne fissent des enfants sans permission' ». Il n'était pas rare que les femmes couchassent à l'étage supérieur, et les hommes au rez-de-chaussée 2.

La nourriture était sans doute pareille pour l'esclave et pour l'ouvrier libre. La viande entrait pour une faible part dans leur alimentation, et c'était surtout de la charcuterie. Ils mangeaient en général des bouillies et du pain de blé ou d'orge, des légumes frais ou secs, du poisson frais ou salé, de l'ail, des oignons sauvages, des figues, et ils buvaient soit de l'eau pure, soit un peu de vin fortement trempé.

Le costume était également le même, si bifen qu'on était exposé à confondre dans la rue les deux classes 3. Il consistait essentiellement en une espèce de tunique ou de blouse en laine, serrée à la taille par une ceinture, et descendant tout au plus jusqu'au genou. Pour se garantir du froid, on jetait par-dessus une peau de chèvre ou un petit manteau. La tête était couverte d'une calotte en peau de chien, et les pieds chaussés d'une botte lacée à revêts ou d'une sandale*. D'après les lexicographes, il y avait une différence entre la tunique de l'esclave et celle de l'homme libre : la première n'avait qu'une manche, tandis que la seconde en avait deux ^.

Un autre signe distinctif était, dit-on, la chevelure^. Les esclaves avaient les cheveux courts, coupés autour de la tète

1. Xénophon, Éeonom,, IX, H : "ESeiÇa i\i fuvaiïortïTiv aùtil, Wpav paSiaixi'iu £>pis[iivi:v àno T)J: àvEponiLTiS»; ha |ii{Tf Ix^pTjtai |KvSa6E4 a ti \>.r\ Sif, [iijtE texuonoiâvrai o! oÎKitai Svîu tîjç 7](iitipa; Tv(i]<,ii(.

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