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LA VIE DES OUVniERS 201
renseignements curieux, non seulement sur la technique industrielle, mais encore sur le genre d'existence des artisans. Le seul point qui reste obscur, c'est leur état civil d'esclaves ou d'hommes libres.
Généralement l'ouvrier grec travaillait tout nu ou à demi vêtu. Voici un cordonnier barbu et chauve qui, installé devant son établi, manipule une pièce de cuir ; sa tâche n'a rien de pénible, et pourtant le haut de sa tunique retombe sur sa ceinture '. Dans la fonderie dont il a été question tout à l'heure, deux ouvriers ont le torse et les jambes nues ; les quatre autres n'ont rien sur le corps, sauf deux qui sont coiffés d'un bonnet. Ailleurs on voit deux forgerons, dont l'un armé d'un marteau attend que son camarade ait retiré le métal du foyer ; eux aussi sont nus de la tète aux pieds '^. Ce sont aussi des personnages nus qu'une hydrie de Munich nous représente : l'ouvrier qui u active avec un ringard le feu du fourneau », celui qui " porte sur l'épaule un sac de charbon » ou peut-être une outre, comme le croit M. Pottier, un jeune garçon qui sort pour exposer un vase au soleil, un apprenti assis sur un petit escabeau " qui donne l'impulsion au tour », un potier qui « plonge son bras gauche dans le vase pour en égaliser avec la main les parois intérieures »; le seul dont les hanches soient entourées d'une étolfe, c'est l'ouvrier qui passe à un camarade une amphore qu'il vient d'achever, et qu'on va mettre au four''. Dans une peinture sensiblement idéalisée, puisque l'artiste 'y a introduit des Victoires ailées et Athéna elle-même qui s'apprêtent à couronner les ouvriers, un est complètement nu, un second nu jusqu'à la ceinture, et un troisième couvert d'un manteau flottant, tandis qu'une femme est emprisonnée dans une longue robe qui ne dégage que ses bras ^. Il serait aisé d'énumérer beaucoup de scènes analogues •'. Au surplus, il ne faudi-aît pas s'imaginer que l'aspect extérieur de tous ces gens-là soit conventionnel ; un détail prouve qu'il était emprunté à la réalité. Dans une forge où un individu à demi
i. Baumeister, Denkmàler des klassischen Alterlhvms, III, p. 1508; Jaun, Taf. IV, 5 ; Blumneb, 1, p. 283.