LE TRAVAIL INDUSTRIEL DANS LA GRÈCE HOHÉRIQDE
les devins, les médecins et les aèdes ' ; c'étaient aussi de simples artisans, comme Phéréclos, fils du charpentier Harmonidès ' ; mais il est impossible de savoir si cette habitude était fort répandue.
Parmi les artisans, plusieurs étaient entourés d'une véritable considération; ils passaient même pour être inspirés directement par les dieux ''. Je rangerais volontiers dans cette classe tous ceux qu'Homère mentionne par leurs noms, Épeios, Phéréclos, Tychios, Laerkès, Icmalios. Ils avaient un atelier'*; mais ils se transportaient souvent à domicile ^. Ils possédaient un outillage, d'ailleurs assez sommaire''; quant h la matière première, elle leur était fournie par leurs clients, surtout si elle avait quelque prix î. Les métiers n'exigeaient donc qu'une mise de fonds insignifiante, et étaient facilement accessibles. J'ajoute qu'on n'aperçoit nulle part dans l'épopée la moindre trace de concurrence. On dirait qu'un artisan de chaque espèce suffisait à chaque groupe de population. Peut-être y avait-il un foi^eron, un charpentier, un potier par ville ou par village, abstraction faite du personnel exclusivement attaclié aux rois ou aux nobles. J'observe toutefois qu'Hésiode parle de la rivalité qui anime le potier contre le potier et le charpentier contre le charpentier ^ ; mais, à l'endroit où nous le lisons, ce vers est visiblement interpolé, et il se pourrait bien qu'il fût apocryphe.
Certains artisans, même des femmes'*, travaillaient isolément, et avaient une clientèle personnelle. D'autres formaient des groupes associés à une besogne commune. Il convient de se demander si ces derniers étaient tous embauchés et payés par le client lui-même, ou s'ils étaient sous les ordres d'un patron qui
1. IL, II, 730-731; Od., XV, 241 et suiv.; Buchholz, II, ), p. *0. Pour les aèdes, on n'a qu'à se rappeler le lévo; aième des Homérides (Strabon; XVI, p. 645; H*npocRATioN, '0[Aiipi6«).
2. IL, V, 59-60. Le mot WxTOvot est ici un nom commun, et non pas uq nom propre.