‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 30 sur 229 · Thucydide, I · texte numérisé non relu

Thucydide, I

5. Le territoire de Corinthe ae produisait point de métaux (Pausanias, II, 3, 3). On sait au contraire quelle était à cet égard la richesse de t'Eu bée, qui se trouvait dans le voisinage, et de l'btrurie qui faisait avec les Corinthiens un commerce trèsacUf.

6. BlOmneh, Die gewerbliche Thâligkeil der Vôlker der klauischen AUeHhnm», p. 74-75.

7. Thucvdidb, VI, 6; Stbabon, VI, p. 269. M. Beloch conteste la date donnée par Eusèbe et rajeunit Syracuse d'une trentaine d'années {Gr. Go.*ch., I, p. 181, note 3).

8. Denys d'Halicarnassb, 111, 46. On a des raisons d'admettre aujourd'hui l'authenticité de celle tradition (Cf. Raybt-Collignon, Hist, de U céramique, p. 70-71).

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pour s'ouvrir des marchés d'approvisionnement ou de vente témoignent de l'activité de leurs ateliers.

Quoique les colonies fussent pour la plupart indépendantes, elles gardaient le plus souvent des relations avec la métropole ; elles accueillaient volontiers ses navires, ses commerçants, ses marchandises, et elles contribuaient ainsi à accroître sa prospérité. J'ajoute que plusieurs devenaient à leur tour des métropoles, et que toutes ces villes répandaient autour d'elles, jusque cheï les indigènes, des goûts de plus en plus raflinés, que l'industrie hellénique était seule capable de satisfaire. '

C'était alors le moment où l'aristocratie, victorieuse de la royauté, détenait à peu près partout l'autorité publique. En général, cette classe tirait sa richesse de la possession du sol ; mais, sur certains points, c'est à d'autres sources qu'elle était obligée de la puiser. Corinthe, par exemple, avait h sa tête une puissante et nombreuse famille, celle des Bacchiades, qui. avec une admirable entente de ses intérêts, chercha dans le trafic et l'industrie les ressources que l'agriculture lui refusait. Nous ne savons pas trop comment elle s'y prit; mais il est indubitable qu'elle eut l'initiative du progrès économique qui 'fit la fortune de cette opulente cité '. L'aristocratie milésienne suivit peut-être la même politique, bien que l'élève du bétail lui donnât de gros revenus-. On concevrait mal d'ailleurs que l'industrie se fût développée là ou ailleurs contre le gré de la classe gouvernante et en dehors de sa participation; car cette classe avait seule la richesse, et par conséquent la possibilité de procurer aux artisans la mise de fonds indispensable. Si médiocre que fût l'outillage, si viles que fussent les matières premières, il fallait des avances à quiconque exerçait une profession pour son compte, et ces avances devaient être considérables dès qu'il s'agissait d'un travail compliqué, comme l'exploitation des mines ou l'industrie des transports maritimes. Or, à qui les demander, sinon ii ceux qui concentraient dans leurs mains presque tout le capital social ? L'aristocratie enfin favorisa les arts manuels par son amour du bien-être et du luxe. Elle s'habituait de plus en plus à priser les beaux vêtements, les belles armes, les beaux mobiliers, et comme il est peu probable qu'elle achetât tout cela aux Phéniciens, aux Lyciens et aux autres peuples du voisinage, il arrivait forcément que les ouvriers indigènes lâchaient de répondre de

1. Hébod.,V. 92;D:oDOnE, VU, 9;CoBTrus, HUf. gr.,ï. p. 325-328.

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