‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 40 sur 229 · OPINION DES GRECS SUR LE TRAVIIL · texte numérisé non relu

OPINION DES GRECS SUR LE TRAVIIL

espèces de métayers qui retenaient seulement le sixième de la récolte, et qui souvent tombaient dans la servitude, faute de pouvoir acquitter leur redevance '. A Thespies, c'était une honte d'apprendre un métier ou de s'occuper d'agriculture ^. Dans plusieurs républiques, la qualité de citoyen était incompatible avec l'exercice d'une profession mécanique ^. A Thèbes, les boutiquiers et les détaillants n'avaient accès aux magistratures que dix ans après qu'ils s'étaient retirés des affaires*. A Ëpidamne, tous les ouvriers étaient des esclaves d'État^, et le commerce extérieur était un service public''.

Quelques aristocraties se montrèrent, il est vrai, moins exclusives. Tel fut le cas de celle de Corinthe, Sauf durant la tyrannie des Cypsélides (637-580 av. J.-C), cette cité fut toujours gouvernée par l'oligarchie, une oligarchie très étroite avant cette période, une oligarchie tempérée dans la suite '. Or, ce qui domina chez elle de bonne heure, c'est le système mercantile. Corinthe fut en Grèce la cité industrielle et commerçante par excellence. Aussi le travail y était-il prisé plus peut-être que partout ailleurs. Elle comptait un très grand nombre d'esclaves*; mais cette classe n'avait pas le monopole de la production économique. Il existait à Corinthe beaucoup d'artisans libres, et un auteur véridique affirme qu'ils y étaient considérés^.

L'établissement de la tyrannie eut pour effet de rehausser dans tout le monde grec la condition des travailleurs. D'abord, ceux-ci bénéficièrent, au moins par contre-coup, de l'abaissement systématique de l'aristocratie'", désormais déchue de son ancienne prépondérance, et assujettie comme eux aux volontés d'un maître

i, AnisTOTE, Gouv. des Athén., 2. Cf. La propriété foncière en Grèce, p. 420-422.

2. AniSTOTE, Fragments (ïîose), p. 386 : Ilapà ©taitiiOaiu «LO^piiv ^v liyvttv

3. XÉN,, Econom., IV. 3 : 'Ev £y:«i('[i£¥ -cfilv icoXsiov, i^aXiTta Bi tv tmîî ÈintoXi- [lott 8oxoi<7aiî tTvai, oùS' tÇtirti tfflv niX-.tbiv oùSeïI pavaaaiià( xiyyai sp^âCeoflai.

4. Abistotb, Politique, III, 3, 4 : 'Ev 8i|6iii; Si vôpo( ^v rov Uxa îtffiv jati ii;£!lX'i[i*voï Tiîï àyopât [iii (lEi^yen àpz.'îî.

Page 1