‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 64 sur 229 · DIVISION DU TRAVAIL INDUSTRIEL · texte numérisé non relu

DIVISION DU TRAVAIL INDUSTRIEL

du mur où devait s'appuyer le plafond ; mais ce fut le charpentier Ditiokratès tpii disposa sur cette assise une planchette destinée à recevoir l'extrémité des traverses*. Il fallut refaire les deux battants de la porte du Propylée, brisés par la chute du pilier en pierre qui les soutenait. La porte fut refaite naturellement par un charpentier ; mais le pilier fut relevé par le maçon à l'aide d'une grue ou d'un treuil, que d'autres individus eurent à transporter, à dresser et à démonter. On eut recours en outre au charpentier pour certaines réparations que réclamait la machine ^. Ailleurs ie même maçon descella les vieilles poutres du toit fixées dans le mur et y encastra les nouvelles *. Les caissons qui ornaient le plafond du temple d'Apollon furent l'œuvre de deux menuisiers*. Antidotos peignit et dora le.s lis et les rosaces du temple d'AscIépios ^. Enfin des tailleurs de pierres étaient attachés en permanence au service de l'administration, et un foi^eroii aiguisait leurs outils^. Une inscription d"ïpidaure énumère les nombreuses professions qui concoururent à l'érection du temple en 380-375. Ce sont des tailleurs de pierres, des maçons, des ravaleurs, des tuiliers, des couvreurs, des charpentiers, des menuisiers, des ornemanistes, des doreurs, des orfèvres, des sculpteurs'. Il est rare que ces artisans sortent de

1. MiCHBL, 'J9i, 1. 49 : Tov ftpSvov toS ïiiù ToŒ 'AicoWo.vot ÈmxdiJiavTi

Nîxiov. , i£ivoïpâi-i tijv tmviav inl tov flpîvov To3 vtù ijtiBsvTi. Cf. BCII, XIV,

2. L. 66 : ToS npoxjXoî riî ftipaj ri; Tjvrp iBeioa; xirauxï-jaaaai xai ÈmuTijuaiii

TŒ (hlpetpa 'A[AEivoïixiiji ital 0£oBtJ[i.u>i. L. 68 : Tov xiova xoC nposùXou tôji

:c£(j((vTa, JUfiî Sii là SùpïTpa în^Mv, rârct inijoii, |i,ia6(ijT0Îî tTjii |iJi-/iiv)]v JÎEvi-ptaai xal atijoaoï. L. 69 ; ®!oBii|juoi Tsxrovi TijiJ, jJ.iix,"^'!^ ènKJxtuâïovTi. L. 70 : Nîjkovi

a«t tffii uiOi ip-)-aoa|j;ÉvO(î èjci toO xiovot MtaOuTotî auvâpaot lOYxiova MiiiOutoîî

Tti[A y.>|/avijv xii6eloÛ(it x«l ànivl-^xaii. Cf. BCH, XIV, p. 414-475. CoDtrairemeDt à l'opinion d'Homolle, je crois que le pilier était en pierre, et non en boia. J'en vois la preuve dans ce fait que seul le maçon y travaille.

3. Ibid., L. SI : ToS FIupivo-j xà; napaSTiSs; apxixa! là; SoxoBifxa; i'fXitp^'jai

xal ràXiv xaflappioii ipToXiSuciav Nixuv xat ' Af i«to>l3.j-î . Cf. BCtl, XIV,

4. Ihid., L. 4S : Iloiiïoxt çàiva; SfxanfvTE "np-pXiiSijaav 4>av^a;... xal IlEiiii- ÊouXo4. Cf. p. 467.

5. Ibid.,. L. 72 : Ti{; opof^; ti Kpîva XEUxiûiiavTt xat tb; xaXyo; ypumûoavxt.

6. Ibid., L. 83 : ToÎî XifloupYorf. L. 106 : ieÇJou ôïivovti ti'oiB^'pia toîî X.Bou- PYotî. Cf. p. 481.

7. Gaïvadias, Fouilles d'Épidaare, a" 241 (Michel, 584). Defrasse et Lechat, Épidaure, ch. III. Les individus mentionnés dans ee'document sont des entrepreneurs; mais la plupart sont aussi des ouvriers ou de petits tâcherons.

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leur domaine propre pour empiéter sur celui du voisin ; on en rencontre pourtant quelques exemples. Tels sont Aristaeos qui successivement enduit une porte de poix, place les tuiles d'un toit, grave des lettres, et bâtit un petit édifice', Sotaepos,qui fournit des clous, de l'orme, du bois de lotus, du buis et de l'ivoire^, Lykios, qui fournit du sapin et taille des pierres'', Euterpidas, qui taille aussi des pierres, et coupe des solives'. Encore convient-il de noter que Sotaeros semble être un simple commerçant, que Lykios n'est pas charpentier, mais marchand de bois brut, et que si Euterpidas n'est qu'industriel, c'est, comme Lykios, un entrepreneur riche qui, sans travailler de ses mains, peut avoir groupé sous sa direction des équipes d'ouvriers différentes.

Platon, dans ses Lois, interdit le cumul des métiers, sous prétexte que « nul ne réunit en soi les talents nécessaires pour exceller dons deux arts k la fois *. » Mais cette conception lui est personnelle. 11 était, en effet, assez fréquent qu'un individu exploitât simultanément deux industries. C'était le cas du père de Démosthène, qui fabriquait des lits et des armes^, de Conon, qui était passementier et droguiste', d'Anytos, qui était tanneur et cordonnier*. Mais la réunion, dans leurs ateliers, de deux industries distinctes n'empêchait pas leurs ouvriers de se spécialiser. Ainsi, chez Déniosthène, les esclaves armuriers n'avaient rien de commun avec les ébénistes. Il y avait encore des artisans libres qui prattquaient des métiers plus ou moins similaires, '. ceux de boucher et de cuisinier", ou, dans un ordre

1 . L'. 2S& : rii^aiaioi 'Apiataiiui Oupâv. L. 277 : 'Apmatu» Bijpa; nuKuimoi xtil ntuSï iafoy Œç. L. 280 : 'ApioiatOî îIeto TÔmIomov to «pajimô Jiip«[io xipajJJÛoai. L. 289 : 'Apiorafwi xEpaj«i<itoî tÔ vaô. L. 292 : 'Apioxafioi ypafuiTOJV Êuxonâf. ■L. 300 : 'Apiutaion 67)9aup5 IpYiain;.

2. L. 43 : Soitaipo; ikiTo âloi xai -/oivina;. L. 44 : SuiTaîpo; eIeto r.ù.éay xal XuiTOv xat izi^oi. L. 64 : Suitutpoï t^Xero èXlçnvia napÉysv.

3. L. 25 : Aixio; jjXfto tâç îXitaç r.xpoyiv [pour 4.390 dr.). L. 5 : A. ^Xtio IsTOfifav Ta;iîv xat àïa^îv (6.300 dr. au moins].

4. L. 14 : Ei^cipfciSoî ^Xeto laTo;j.(av xai à-j<^yàv {6.167 dr.). L. 234 : B. sîXito (npfunipoiv ijciKoKtiv (48 dr.).

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