‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 67 sur 229 · Xénophon, Economique, IX, 7 ; X · texte numérisé non relu

Xénophon, Economique, IX, 7 ; X

.4. Plutahque, Phocion, 18 : Tijv yuvaîxo [mÎitoukiv.

5. Théophraste, Caract,, 4 : 'AXioat |mt' aàr^î (la boulangère) toî( IvSov nSoi xai aÛTcB ti iniTiiSEia.

6. Aristophane, Ass. dea femmes, 223 : Ilittouai tout nXwtoûvTOî ûwnip Jiai

ORGANISATION BE L'mD08TflIE 63

dans la maison. La plupart des opérations qui s'y rattachent, depuis le lavage de la laine en suint jusqu'à la couture, avaient lieu sous la direction de la maîtresse du logis, et avec sa participation', La jeune fille y était initiée de bonue heure par sa mère, et plus tard, après son mariage, c'était là sa principale tâche, sauf à Sparte, où l'on estimait qu'une vie sédentaire empêchait les femmes de produire des enfants vigoureux ^. Ce n'étaient pas seulement les pauvres qui se livraient par économie à ces travaux. Les riches y employaient également leurs esclaves, si bien qu'à chaque ménage se trouvait annexé un atelier de fileuses, de tisseuses et de couturières, d'où sortaient les vêtements de la famille et des serviteurs ■'.

La persistance de cet usage s'explique en partie par la simplicité du costume hellénique. L'art de la confection était alors rudimentaire, et il n'était pas nécessaire d'être bien adroit pour tailler un chiton ou un ;bimation d'homme ou de femme. Chacun s'habillait, pour ainsi dire, à sa fantaisie, non pas en s' emprisonnant dans une robe, une [tunique, ou un manteau étroitement ajustés, mais plutôt en drapant l'étoffe autour de son corps, et en lui donnant la forme qu'il lui plaisait, à l'aide de quelques agrafes et de quelques points de couture. A l'origine, les tissus étaient décorés de riches broderies en couleur, selon la mode orientale. Les Grecs les demandaient volontiers à l'étranger ; mais souvent aussi ils les faisaient fabriquer chez eux par des esclaves achetés en Syrie, en Lydie, en Perse, ou parleurs esclaves ordinaires, quand elles avaient acquis une habileté suffisante. Au V* et au iV siècles les goûts changèrent. Par réaction contre les mœurs asiatiques, par imitation des coutumes doriennes, peut-être enfin par suite du progrès des idées démocratiques, on en vint à préférer les étofTes unies, soit blanches, soit teintes, et dès lors il fut très facile de les tisser chez soi. Après Alexandre, la mode ancienne reprit une certaine faveur; ou s'engoua de nouveau des vêtements bigarrés et luxueusement

1. BlUmneb, I, p. 119et 3S7; DicUonn. des Anliq.. I, fig. 998.

2. Platon, Lois, VII, p, 806 A; Xénopiion, Gouverneinenl den Lacédémoniens, I, 3 et 4; Plutahque, Apophthet/ine» des Lacédémoniennes , 8.

3. Platon, ibid., p. 805 E : napsBoiAsv xaïf yuvaiïi xspJiiBtuv Sp/Eiv xaî

n<t<niî TaXaoiaî. Xénophon (Économ., VII, 6) dit d'une nouvelle mariée qu'elle sait Ipin RapaXoiEoÛatL {iiariov àRoE^rfai, et aussi cL; Ip-c" taXttoii Scpana(vaic 6f5oTii. VII, 36 ; Kai otav ïpiii lîoivi/flii uoi, !j:i|iiXiiT!Ov Sniof o'î Bsï {[i^Tia ïf-pii-

TBl. POLYEN, VI, 1, 5 : TJJÏ [itllipa £ï TOÎJ {UTIÔCTI T^t T») aTlOUpY'aî T*i* flïpH-

jtouvBSv èni[iiXo[iiv)iv.

6i LA UAIH-D 'œuvre 1NDU3TH1ELLE DANS t'AKClENNE GHÈCE

ornés ; mais les Grecs étaient désormais en état de lutter contre la concurrence de l'Orient, d'abord parce que leurs ouvriers étaient beaucoup plus experts qu'autrefois dans la broderie, et en outre parce qu'il leur était bien plus aisé d'acquérir des esclaves exotiques.

Si vaste que fût le domaine de l'industrie domestique, elle était loin de tout absorber. Dès l'époque homérique, il existait des individus qui travaillaient librement pour qui les payait, et le nombre s'en accrut ultérieurement d'une façon constante. II est impossible de suivre cette évolution à travers les âges ; mais le fait lui-même est patent. A côté des artisans affectés uniquement au service d'un opulent personnage, il y en avait beaucoup plus dont les bras étaient au service de tout le monde '. On vit même des besognes d'ordre purement domestique, comme la cuisine, envahies peu à peu par des gens de métier, qui allaient de maison en maison préparer tout au moins les repas d'apparat ^.

La liberté du travail était absolue, mais sous certaines réserves 3, Quaud l'intérêt national paraissait le commander, l'Etat n'avait aucun scrupule à la violer. Le délit d'oisiveté inscrit dans plusieurs législations en est la preuve *, On sait par contre qu'à Sparte les métiers étaient rigoureusement interdits aux citoyens*. Si la corvée n'existait pas, on avait toujours le droit de mettre les ouvriers en réquisition, et on usait fréquemment de cette faculté en temps de guerre, ou lorsqu'il s'agissaîtde la défense du pays. C'est peut-être le procédé qu'employèrent les Athéniens pour relever leurs remparts après Salamine ^, les Chalcidiens pour établir une digue entre l'Eubée et le continent ^, les Argiens pour construire leurs murailles et se procurer rapidement des armes*, enfin Denys le tyran pour fortifier

1. Platon, Politique, 29 : MioOwtoùî xai Srltctî Tcasiv £T0t|j,dT«ia InifutoûvtoL;. Aristote, Politique, 1I(, 3, 3 : Tûv'B' àva-jxïioiv oi [iÈï évI Iéitoupyoïvteî ti TomuTix SoûXoi, oi Si xoivî; ^ivauaoi xai OiïtEt.

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