‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 76 sur 229 · CIA, II · texte numérisé non relu

CIA, II

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de connaître « les objets susceptibles d'être exportés ou importés, alin de former des arrangements diplomatiques avec tels et tels ; » car, ajoute-t-il, « il faut cultiver l'amitié des peuples qui peuvent nous être utiles sur ce point ' . » Il est vrai que dans cette phrase il vise surtout les denrées alimentaires; mais il est manifeste que sa réflexion s'applique également à tout le reste.

Elle montre aussi le lien intime qui existait entre la politique extérieure des États grecs et leur production économique. L'exiguïté des cités helléniques les condamnait toutes à être tributaires de l'étranger, d'abord parce qu'elles trouvaient rarement sur leur territoire une quantité suffisante de matières à élaborer, et en outre parce qu'elles consommaient en général beaucoup moins qu'elles ne fabriquaient. Elles étaient donc forcées de s'ouvrir à l'extérieur des marchés d'approvisionnement et des débouchés -. Pour se ménager cette double clientèle de vendeurs et d'acheteurs, le moyen le plus efficace peut-être était de fonder des colonies. Bien qu'elles fussent le plus souvent indépendantes et que leur liberté commerciale fût illimitée, les colonies avaient une tendance toute naturelle à entretenir des relations d'affaires surtout avec leur métropole, et chacune d'elles, tant par ses envois de matières premières que par ses achats d'objets manufacturés, contribuait à la prospérité industrielle de la mère-patrie. A plus forte raison en était-il ainsi lorsqu'elles lui demeuraient étroitement soumises, comme ce fut le cas des colonies corinthiennes du vu" siècle et des colonies athéniennes du v*. Il ne paraît pas que les négociants athéniens aient joui d'un traitement de faveur dans les nombreux établissements que leur ville possédait alors sur les côtes de la Méditerranée orientale ; mais il se créa fatalement entre les cités subordonnées et la cité maîtresse un courant régulier de transactions, qui fut pour celle-ci une source de bénéfices. Après les guerres Médiques, Athènes réussit à se former un empire maritime qui engloba plusieurs centaines de villes. Ici encore les rapports politiques engendrèrent des rapports économiques. L'objet de cette confédération était de grouper les forces de la Grèce contre l'ennemi commun, c'est-à-dire la Perse ; mais du même coup Athènes devint la capitale industrielle de la mer Egée. Un contemporain remarque que sa domination incontestée

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