Abistote, Goav. de» Alhéit
8. Rangabé, Antiquités helléniques, "70 c : 'Ki:av3ifxi'l^(oi xaii Toj; va]j.ou; Toùi (i^v (les ouvriers) jj-Î) ôSitiîv, iù.Xk ini to ipyov ]:opEAEa6a[.
DigilizedbyGoOgle
78 LA main-d'œuvre INDt;sTHIBLI.E DANS l'aNCH^RNE GRÈCE
le menaça d'un procès, « parce qu'il avait interrompu la besogne commencée'. » Il est vrai qu'on blâmait son outrecuidance; mais ce qui paraissait répréhensîble chez lui, c'était moins le fait de la menace que le fait de l'adresser à un individu qu'il avait lui-même violenté.
Le travail ît la tâche olTre de grandes analogies avec le travail à l'entreprise, puisque dans les deux cas une prrsonne promet de mener k fin un certain ouvrage, moyennant une somme fixe. Il en diffère pourtant sur deux points. D'abord l'entrepreneur ne travaille guère de ses propres mains, tandis que le tâcheron est un ouvrier véritable, qui souvent fait tout par lui-même. En second lieu, le tâcheron ne vend à autrui que sa force et son habileté, tandis que l'entrepreneur vend à la fois son travail {ou celui de ses ouvriers) et les matériaux qu'il transforme, Chez les Grecs, la distinction était beaucoup moins nette que chez nous, vu l'habitude qu'avait le bailleur de fractionner le plus possible les adjudications et de fournir les matières qu'il fallait élaborer. Aussi appliquait-on Ji ces deux catégories de personnes la qualification de [tweaiTY];. On allait jusqu'à confondre avec l'entreprise le travail à la pièce ou au pied courant -.
L'entreprise devait être usitée pour les travaux des particuliers, mais nous n'en connaissons guère d'exemple. Par contre, les témoignages abondent en ce qui touche les travaux publics. Le système de l'adjudication s'étendait aux objets les plus variés : construction des édifices civils et religieux, gravure des inscriptions, défrichement des marais, exécution des peintures et sculptures, réparation des navires, oi^anisation des banquets sacrés, perception des impôts, parfois même police des villes, tout cela se donnait à l'entreprise. Nous savons les règles qui régissaient la matière dans toute la Grèce. Sauf quelques détails secondaires, elles étaient à peu près identiques ^.
« Les marchés avaient lieu en général avec publicité et concur-
1 . Ps.-Andocide, IV, 17 : nposEXOùiv (Alcîbiscle) èvex^Xei aùtc^ (Agatharchos) £il àSiKOÙiiEvaç, xal oày Sii ÈSiàsato [j.eTJ(icXEV aùtii, àXX.' Sti xatAiici TÔ IfrfOv
TjICEaEl.
2. CIA, I, 324, fr. a, col. I, I. 43 : To xuiutiiov ivnÉavn, 7;tvT(i6o3io. xov r.àia ÊiaoTov, mirtoiT^iî iioïUddSiupoî. CIA, II, 834 b (adrf.), col, I, 1. 17 : MioflioiEt Tîiî TOfiîjî i6)V Xffiojy xal t^i iiTtif^i xal tfl; fiidEiof TOv Xiflov KK hj,
3. Sur les entreprises de travaux publics chez les Grecs, voir notammeot Uareste, Annuaire de l'Association des études grecques, 1877, p. 107-117, et B. Khil, Die Rechnungen ùber den Epidaurischen Tholosbau (AM, XX, p. 80-115).
0HGAM8ATI0K DE L'iNDUSTRIE 79
rence. » (Dareste) On y conviait les étrangers comme les nationaux, et non content d'envoyer au dehors des commissaires pour les avertir', on s'eÉlorçait de les attirer en leur accordant des indemnités de déplacement- et en multipliant les garanties en leur faveur. Le contrat passé entre la ville d'Érétrie et le métèque Chaerephanès exempte de tout droit de douane, à l'entrée et à la sortie, le matériel et les matériaux nécessaires, « comme c'est l'usage pour tous les entrepreneurs de travaux publics, 1) On le traite donc sur le même pied que les indigènes. On lui octroie en outre un second avantage. « Pendant toute la durée de son séjour à Érétrie, il était exposé à se voir saisi dans sa personne et dans ses biens, non seulement par ses créanciers personnels, mais encore par tout Érétrien qui prétendrait être créancier d'un Mégarien (s'il était de Mégare) et n'avoir pu obtenir justice à Mégare. » On le libère de toute crainte à cet égard, et on décide a qu'il sera à l'abri du droit de prise sur terre et sur mer, en temps de paix et en temps de guerre », lui, ses associés et ses ouvriers^. Mêmes clauses dans le « marché d'Oxford B. Il Les entrepreneurs seront affranchis à Délos du droit de douane et du droit de prise, eux, leurs ouvriers, leur matériel et tous les objets importés ou exportés pour leur usage. Une fois les travaux achevés, ils auront trente jours pour exporter en franchise tout ce qui leur appartient*. » A Cyiique, on alla plus loin. Dans une inscription du !"■ siècle de notre ère, il est question de certaines mesures destinées à empêcher le renchérissement de la vie par suite de l'afïluence des ouvriers étrangers. Les magistrats veilleront à ce que les prix des denrées ne soient pas augmentés. Tout marchand qui essaiera de vendre au-dessus du tarif fixé, ou d'entraver l'approvisionnement de la ville, sera frappé d'une amende ; de plus, il perdra ses droits politiques, s'il est citoyen; s'il est métèque ou étranger, il sera expulsé, et sa boutique sera fermée jusqu'à la fin des travaux'.
1. Ainsi d'Ëpidaure on envoie des xtIju»; et des àyr^Xoi à Hermione, Argoe, Thèbes, Corinthe, Athènes, Tégée, Trézène (Michel, 584, 1.16S et s.).
2. DI, 338S (FoucART, Jrtscf. rfu Wioponnèse, 159fi) ; BCH, XXI, p, 478, I. 23 et suiv.