‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 88 sur 229 · Ibid., XXI, p · texte numérisé non relu

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On trouve dans le contrat d'Érétrie une combinaison fort originale. L'entrepreneur s'engage à dessécher un marais pour rien ; mais il se réserve la jouissance pendant dix ans du terrain émergé, à chaîne d'acquitter par annuités un prix de fermage de trente talents. Si quelque guerre vient troubler son usufruit, il aura droit à une prolongation égale à la durée du trouble '.

Les Grecs n'ont pas connu la grande industrie, c'est-à-dire celle qui réunit dans une même usine une masse considérable d'ouvriers. La plus grosse manufacture qu'on nous signale est la fabrique de boucliers que Lysias et son frère avaient héritée de leur père, et qui groupait cent vingt esclaves^. Les autres ateliers sont toujours de mo yenne ou de petite dimension. Telles étaient la fabrique d'armes et la fabrique de meubles qu'exploitait le père de Démostbène, la première, avec trente-deux ou trente-trois esclaves, la seconde, avec vingt ^. Aujourd'hui elles paraîtraient assez modestes. A Athènes, on en jugeait autrement, car l'orateur leur attribue une réelle importance ^. La fabrique de boucliers d'ApoUodore en avait une bien supérieure encore, du moment qu'elle était louée à raison d'un talent par an ^, tandis que celle de Démosthène procurait un revenu deux fois moindre, Timarque, par contre, n'avait qu'une dizaine d'ouvriers dans sa boutique de corroyeur, et Kerdon treize dans sa cordonnerie ^. Il est vrai que les témoignages des anciens sont peu explicites en cette matière, puisqu'ils ne relatent guère de chiffres précis. Ils donnent néanmoins à entendre que les vastes agglomérations ouvrières ont été étrangères au monde grec. Ce qu'on aperçoit le plus souvent, ce sont des artisans isolés, ou des patrons qui ont sous leurs ordres un personnel très restreint.

Ce phénomène tient en partie à ce fait que les machines étaient à peu près ignorées des Grecs. Le dieu Héphaistos pouvait être capable de faire des trépieds automobiles'; mais l'habileté humaine n'allait pas jusque-là. C'est par pure hypothèse qu'Aristote envisage le cas où la navette tisserait d'ellemême la toile, et où, par conséquent, la machine serait substituée

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