‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 89 sur 229 · Iliade, XVIII, 373 et suiv · texte numérisé non relu

Iliade, XVIII, 373 et suiv

ORGANISATION DE l'iNDUSTBIE ST

k l'homme*. Une chose pareille n'était possible que dans le pays d'Utopie; là seulement on rêvait de remplacer la maind'œuvre par des procédés mécaniques ^, Dans la pratique, l'ouvrier grec n'avait qu'un outillage élémentaire. Il ne savait même pas demander à la nature la force motrice dont il avait besoin. Ainsi les moulins à eau n'apparaissent que sous l'empire romain^; quant aux moulins à vent, on n'en parle nulle part. On ne voit pas non plus qu'antérieurement personne ait songé dans les contrées helléniques à utiliser les bêtes de somme pour la mouture *. C'était l'homme qui faisait tout, au moyen de quelques instruments très simples, comme ceux qu'on emploie pour soulever de lourds fardeaux ''.

Or c'est la machine qui crée la manufacture. L'histoire de tous les temps établit qu'il y a un rapport étroit entré le développement du machinisme et le progrès de la grande industrie. Le petit atelier se contente de la main-d'œuvre humaine ; partout, au contraire, où la machine est prépondérante, le riche industriel tend à supplanter l'artisan. Comment lutter en efïet contre un individu armé de ces puissants engins qui favorisent la production hâtive et à bon marché, qui même en font une nécessité? Les Grecs ont échappé aux inconvénients d'une concurrence semblable. Chez, eux, le travail fut à peu près exclusivement le travail de l'homme, et la machine n'y contribua que pour une faible part. Dès lors l'artisan put rester jusqu'au bout ce qu'il était primitivement, c'est-à-dire l'agent essentiel de la vie industrielle. L'usine fut une rareté, et à côté d'elle continuèrent de pulluler une multitude d'ateliers familiaux et de boutiques modestes.

Dans l'industrie minière on distingue quelques gros concessionnaires. J'écarte Pisistrate et Thucydide, qui tiraient d'abondants revenus de leurs mines de Thrace, parce que cette région était extérieure au monde hellénique*^. Mais en AtUque même on citait des personnages qui s'étaient enrichis dans les mines du

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