XÉNOpnos, Revenus, IV, 13 et suiv
V2 LA »AIK-D ŒL'VHE INorSTRIELLE DANS L A]\CIE»NE GRECE
J'ajoute que la Grèce se prêtait moins que tout autre pays au progrès de la grande industrie. Les fortunes individuelles n'y étaient pas considérables, et y avaient peu de stabilité. Elles se formaient assez rapidement, sans dépasser du reste un chiffre peu élevé; mais elles se détruisaient encore plus vite, sous l'empire de causes très diverses, dont la plus eflieace était le système des impôts, aggravé par l'abus des confiscations. Or les vastes entreprises industrielles ne s'improvisent pas; pour s'étendre, il faut qu'elles durent ; elles sont d'ordinaire l'œuvre de plusieurs générations successives, et leur prospérité n'est guère conciliable avec l'excessive mobilité des capitaux. Ce qui donne naissance aujourd'hui aux grandes usines, c'est la formation des Sociétés par actions. Les Grecs n'ont pas eu cette ressource, 11 n'y eut jamais chez eux que des associations tout k fait rudimentaires, composées d'un nombre très restreint de personnes. Ils n'ont pas eu l'idée ou n'ont pas senti le besoin de créer par la coalition des moyennes et des petites bourses cette espèce de capital anonyme et collectif qui alimente actuellement tant de puissantes industries ;et par là ils se sont condamnés à n'avoir que des ateliers modestes, jusque dans la dernière période de leur histoire.
CHAPITUE Vil