‹ La Main-d’Œuvre Étrangère dans l’Agriculture FrançaiseChapitre 37 sur 49 · SOMMAIRE · texte numérisé non relu

SOMMAIRE

A) Les travailleurs étrangers bénéficient-ils au détriment des Français des œuvres d'assistance et de bienfaisance ?.— Les travailleurs immigrants sont généralements de pauvres gens. — Les indésirables à l'étranger et cn France. — Les

étrangers et les œuvres sociales. — (Ce qu’il faut penser des bienfaits dont les étrangers peuvent bénificier en France. à

B) Les travailleurs étrangers sont-ils un danger pour la moralilé, l'hygiène et la sécurité publiques.—. Comment vivent les ouvriers étrangers. — Les naissances illégitimes parmiles

travaillenrs étrangers établis en France. — Comparaison avec les naissances illégitimes en France. -- [’hygiène des travailleurs étrangers. -- La criminalité chez les ouvriers étrangers.

c) Les ouvriers agricoles étrangers font-ils concurrence aux ouvriers agricoles français.-- Les salaires des ouvriers agricoles français et étrangers. --- Le travail à la tâche en agriculture. -- Qu’arriverait-il si les ouvriers étrangers ne venaient pas en France ?

Les conséquences sociales de l'immigration des ouvriers agricoles sont certainement celles qui justifieraient le plus les mesures prohibäk tionnistes que l’on voudrait prendre. Cependant il est important de ne pas trop se laissar égarer par les apparences : les travailleurs étrangierg sont à certains points de vue dans un état d’infériorité très marqué par rapport aux fravailleurs français, mais il convient toutefois de ne pas exagérer et assez souvent on exagère.

À) Les fravailleurs étrangers bénéficient-ils au détriment des Français des œuvres d'assistance

el de bienfaisance ? t-- Les étrangers qui viennent dans notre pays pour y chercher du tray ail n'appartiennent pas, c’est évident, aux classes les plus aisées de leurs pays. Ce’ sont généralement des prolétaires dans toute l’acception du terme ; si le mal les frappe quand ils sont en France, ils tombent nécessairement à la charge de la société. Afin d'éviter ces inconvénients les pays Anglo-Saxons, l'Angleterre et les Etats- Unis, ont pris des mesures qui leur permettent de refuser les indésirables en exigeant de tous ceux qui immigrent la possession d’un petit pécule qui leur permettra de vivre en attendant qu'ils aient trouvé de l’ouvrage. Certains pays. ont poussé le protectionnisme ouvrier jusqu'à refuser comme indésirables les immigrants affectés d’une maladie contagieuse, les inintelligents, les condamnés et les personnes âgées de plus de soixante ans et non chef de famille à moins qu'elles ne soient munies d’une autorisation spéciale du gouvernement. C’est le cas de la République Argentine par exemple (1):

En France tout le monde peut entrer librement aussi en résulte-t-il ce fait que dans les régions frontières surtout, les étrangers mettant à contribution le renom d’hospitalité que notre pays s'est acquis, viennent nombreux se faire soigner dans nos établissements hospitaliers.

I1 a été dit à propos des droits des ouvriers agricoles étrangers dans quelle large mesure ils

(1) Cabrini. Ouv. cit. p. 116.

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profitaient des lois et des œuvres de solidarité sociale. Ils retirent en outre, d’autres bénéfices de leur séjour dans notre pays : leurs enfants sont admis dans nos écoles, ils reçoivent au méême titre que leurs camarades français les fournitures gratuites si elles sont données gratuitcm'ent et bénéficient dans un grand nombre de cas des dons de vêtements que certaines œuvres de bienfaisance officieuses ou privées distribuent aux enfants des écoles. On s'élève contre cet état de choses trouvant injuste que l’argent des contribuables français serve à donner l’instruction aux enfants des étrangers. On sait ce qu'il faut penser de la question de l’impôtse rapportant aux étrangers; un étranger qui travaille et qui vit dans notre pays contribue autant que le prolétaire français au paiement des fonctionnaires préposés à l’enseignement. On ne peut que retirer de très grands profits de ce fait que les jeunes étrangers sont instruits dans les écoles françaises coude à coude avec de jeunes camarades français. M. le Consul général de Marseille dans son rapport (1) le fait très bien remarquer : « nos enfants contractent vite les habitudes, les idées, les sentiments que les jeunes Français reçoivent de l’éducation domestique ». Puis le maître, comme c’est logique, parle des gloires françaises, de l’amour de notre pays et alors « retourné à la maison les enfants répètent à leurs parents le plus souvent simples et]peu instruits, les choses apprises à l’école et finissent par leur communiquer

(1) Emigrazione e Colonie. p. 273,

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leurs sentiments d'amour et de préférence pour la nation française ,concourant ainsi à déterminer chez eux le désir de se faire naturaliser ». Dans tous les cas si les parents ne se font pas naturaliser les enfants à leur majorité ne manqueront pas de le faire. C’est ce que nous faisait remarquer un de nos amis membre d’une société de bienfaisance d’un département frontière : on ne distingue pas dans cette société entre Français et étrangers car l’on est convaincu que tous à vingt et un ans serviront sous le même dra peau.

Notre pays n’a par conséquent rien à perdre à se montrer généreux envers des gens qui somme toute sont absolument indispensables à la prospérité de notre agriculture et de notre industrié.

B) Les travailleurs étrangers sont-ils un danger pour la moralité, l'hygiène et la sécurilé publiques ? — D'une manière générale les travailleurs étrangers qui viennent s'installer temporairement ou définitivement dans notre pays, vivent groupés. S'ils ne sont en France que provisoirement ils campent n'importe où, logent dans les locaux qu’on veut bien mettre à leur disposition à l’exploitation ; s'ils sont chargés de se loger ils ne se mettent pas en frais : ils louent une grange ou une remise et se contentent d’un peu de paille pour coucher: ïls sont d'autant moins exigents en matière de literie que c’est pendant la belle saison surtout qu'ils sont appe-

Si

lés à mener cette vie.

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Il est certain que dans ces conditions la morale et l’hygiène reçoivent des atteintes graves. Il résulte de la promiscuité, dans laquelle vivent pêle-mêle des hommes et des jeunes filles, des rapprochements dont les conséquences sont assez souvent la naissance d’un enfant illégitime. Mais c’est surtout dans les agglomérations industrielles que le nombre des naissances illégitimes est élevé malgré qu'on y vive généralement dans des conditions moins mauvaises. Ils se produit chez les travailleurs étrangers ce qui se produit malheureusement aussi chez les travailleurs français. En 1880 par exemple, nous prenons cette date à défaut d’autres, il y a eu en chiffres ronds 852.000 naissances légitimes et 68.000 illégitimes soit pour l’ensemble de la population 7,9 p. cent de naissances illégitimes ; chez les étrangers établis en France la proportion a été de 15,4 p. cent, soit presque deux fois plus. On en déduit que la morale sexuelle est plus relât chée chez les étrangers que chez les Français. En réalité on a comparé des choses qui ne sont pas comparables. On a tout d’abord comparé des gens qui sont chez eux établis à demeure, vivant en famille et dans certaines conditions de bien-être à de pauvres exilés chassés de chez eux par les nécessité de la lutte pour la vie, vivant très! souvent loin des leurs, en quête d'affection et dans des conditions plutôt mauvaises. Il faut comparer entre elles des classes équivalentes, la: classe ouvrière française et la classe ouvrière étrangère par exemple et alors si la proportion

n'est pas sensiblement plus faible chez nos nationaux, c’est en faveur des étrangers que penchera la balance. Eh bien ! en 1909 dans les 643 villes ayant plus de 5.000 habitants il y a eu 237.612 naissances légitimes et 42.510 naissances illégitimes soit une proportion de 17,9 p. cent.

Par conséquent au point de vue moral les étrangers sont au moins au niveau de nos compatriotes qui vivent dans les mêmes conditions économiques et sociales. Ils ont certainement des défauts, mais il n’y a pas lieu d’insister car il ne serait pas sérieux de prétendre que les Français n’ont que des qualités. Ils ont peut-être moins de vernis parce qu'ils sont plus malheu-

reux mais au fur et à mesure que leur condition

s'améliore leur moralité et leur mentalité se relèvent et quand on les a vus de près on est bien obligé de reconnaître qu'ils ne déparent en aucune façon le milieu dans lequel ils vivent.

Ce qui est surtout à redouter dans les milieux de travailleurs étrangers, c’est leur hygiène. L’hygiène n’a pas encore fait chez nous tous les progrès désirables, mais elle est incontestablement plus avancée que chez les étrangers qui viennent travailler en France. L’hygiène sociale qui est en France très développée théoriquement commence à prendre corps un peu dans la pratique; chez nos voisins Belges, Italiens et Espagnols elle est totalement inconnue ou méconnue. On

s’entasse dans les locaux mal éclairés et mal aé-

rés. dans lesquels on mange, on fume, on fait du

feu et on dort. La propreté corporelle y est igno-

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rée la plupart du temps et les méthodes préven: tives contre les maladies, comme la vaccination contre la variole par exemple en sont où elles en étaient en France il y a une vingtaine d'années. Si une épidémie éclate, les colonies étrangères sont de véritables foyers d'infection d’où la maladie rayonne en tâche d'huile. La collectivité nationale a le droit de se défendre en exigeant des étrangers les mesures hygiéniques qu’on impose à non nationaux. Dès qu'un étranger vient dans notre pays il devrait être soumis à la vaccination s’il n'apporte pas avec lui un certificat attestant qu’il a été vacciné à une date qui n’est pas très éloignée. En l’état des relations internationales modernes il ne serait certainement pas exagéré de demander que la mesure fût adoptée par tous les Etats.

Il y aurait en ce qui concerne le logement énormément à faire: de nombreuses lois existent, Sans cesse remaniées, mais relativement peu appliquées ; il est vrai qu'il s’agit plutôt dans ces lois de logements petits bourgeois que de logements véritablement ouvriers. L’initiative privée même encouragée et subventionnée ne pourra jamais entreprendre l’œuvre considérable qu’il est urgent d'entreprendre en ce qui concerne le logement des travailleurs.

Les travailleurs étrangers doivent supporter les conséquences morales des méfaits que commettent assez souvent certains de leurs compatriotes. On a l’occasion de constater dans le Midi de la France par exemple, que les Italiens jouent assez facile-

ment du couteau. Beaucoup de meurtres sont en effet commis par des étrangers et notamment des Italiens. De là à dire que tous les Italiens manient facilement le couteau il n’y a qu’un pas qu'on franchit d’ailleurs avec une facilité remarquable. Il faudrait se demander tout d’abord si ces étrangers arrivent tout formés du dehors, s'ils ne sont pas nés en France et s’il ne sont pas comme la plupart des criminels les produits du mikeu social. Il faudrait examiner aussi si dans les milieux français analogues, il n’y a pas de nombreux criminels.

Il faut reconnaître cependant que le nombre des criminels Italiens est très élevé ; mais ces criminels ne sont pas le plus souvent des travailleurs. Ce sont des récidivistes à qui l’existence dans la mère patrie n’était plus possible et qui viennent dans la grande cité phocéenne se perdre au sein d’une population très cosmopolite dans laquelle cependant l'élément italien occupe le premier rang après l’élément français. Il est certainement difficile de les rechercher et ce n’est malheureusement que par un nouveau for-

fait que leur présence est signalée ; peut-être

faudrait-il que la police italienne fût mieux organisée dans les grands centres habités par des colonies italiennes ; mais il est juste de faire remarquer que dans nos campagnes les méfaits commis par des étrangers sont bien plus rares : les ouvriers agricoles moins irascibles peut-être, se laissent aller moins facilement que leurs com-

patriotes des villes à commettre les actes de vio-

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lence qui ont pour conséquence d’envelopper dans une même réprobation générale tout un peuple de bons et honnêtes travailleurs.

C) Les ouvriers agricoles étrangers font -ils concurrence aux ouvriers agricoles français ? — La question est de la plus haute importance au point de vue social. Si vraiment les travailleurs étrangers viennent faire concurrence aux travailleurs indigènes, s'ils sont une cause d’avilissement des salaires alors ils sont nuisibles quels que soient les services qu'ils puissent rendre à l’agriculture.

Il est difficile d'affirmer que les travailleurs étrangers n’acceptent jamais des salaires inférieurs à ceux que demandent les ouvriers français ; cependant d’une manière générale ils sont payés au même taux. L'enquête sur les salaires démontre en effet qu’il n'y a pas deux prix l’un pour les Français, l’autre pour les étrangers : il n'existe à peu près partout qu’un prix unique pour une même catégorie de travailleurs. Il arrive parfois, lorsqu'il y a affluence de maind'œuvre dans une région {que des travailleurs inoccupés poussés par le besoin acceptent n’importe quelles conditions ; mais il s’agit là de cas exceptionnels qu'on ne saurait retenir.

On convient sans difficulté dans les milieux : socialistes que dans l’agriculture « la main-d’œuvre étrangère se présente moins pour concurrencer la main-d'œuvre française que pour la compléter ». (1). Quel est donc le grief qu’on fait

(1 G, Pirou. La main-d'œuvre étrangère en France. Revue socialiste du 15 Mai 1912 (Note du bas de la page).

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aux travailleurs agricoles étrangers ? On leur reproche d’une manière absolument générale d’accepter le travail à la tâche dont les travailleurs français ne veulent entendre parler en aucune façon.

On connaît le juste réquisitoire qui a été fait contre le travail à la tâche dans l’industrie : on peut l’approuver sans en rien retrancher. Mais Ie même réquisitoire ne saurait s'appliquer à l’agriculture sans atténuation; les conditions ne sont pas les mêmes que pour l’industrie: on est dans l’agriculture limité par le temps ; un ouvrier ne fait pas à son gré plus d'heures que n’en comporte la durée du jour. Il n’est pas possible en agriculture de travailler la nuit, par conséquent l'argument très fort quiconsiste à dire que le travail à la tâche pousse à l'épuisement tombe de lui-même. La question d’habileté n’a pas en agriculture la même importance que dans l’industrie : pour biner un hectare de betteraves si un ouvrier va plus vite qu'un autre à valeur; de travail égale ce n’est pas parce qu’il est plus habile, mais bien parce qu'il est plus travailleur. Et c’est précisément là un argument qui a une très grande valeur. Les entrepreneurs de culture ont remarqué très souvent qu’on ne travaille pas toujours avec la conscience voulue. Quelle que soit la sympathie qu’on ait pour les travailleurs du sol il faut bien reconnaître que le reproche n’est pas toujours immérité. Quand on veut perdre du temps en agriculture on peut le faire sans grande habileté et le sabotage, pour employer

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une expression moderne, est plus facile à dissimuler d'ans l’agriculture que dans l’industrie.

Or, en agriculture plus que dans l’industrie, le temps est de l’argent. Il est très important de faire en son temps un binage et de bien le faire ; il est indispensable de faire au bon moment un traitement anti-cryptogamique et de bien l’appliquer. L'avenir de la récolte en dépend. On comprend dans ces conditions que les entrepreneurs de culture attachent une importance primordiale au travail à la tâche et qu'une évolution rapide tende à le généraliser. Les travailleurs français consciencieux n’ont rien à perdre avec le travail à la tâche : seuls ceux qui veulent le prendre trop à l’aise peuvent y trouver un inconvénient. Si les syndicats d'ouvriers agricoles n'avaient plus cette prévention irréfléchie contre le travail à la tâche, il serait possible d’arréter, dans des contrats de travail, des conditions acceptables pour les patrons et non préjudiciables aux ouvriers.

Il reste cependant un doute dans l'esprit de certaines personnes qui persistent à être convaincues que les ouvriers agricoles étrangers sont bien les concurrents des travailleurs indigènes. « Que serait-il arrivé, disent-elles, si les ouvriers étrangers n'étaient pas venus ? » Et répondant elles-mêmes à la question elles affirment que les patrons devant la rareté de la main-d'œuvre auraient dû élever le taux des salaires et que de ce fait se serait effectué: un retour de la ville vers les campagnes. C’est pren-

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dre des désirs pour des réalités car alors la maind'œuvre diminuant dans l’industrie, les salaires augmenteraient aussi et le statu-quo serait maintenu; encore faut-il supposer pour cela que d’un côté comme de l’autre l'élévation des salaires est chose toujours possible. C’est ce qu’il s'agirait de démontrer. On a vu quelle était la situation faite au prolétariat rural tant au point de vue économique qu’au point de vue social ,mais c’est moins contre le salaire quotidien qu'il faut s'élever que contre le salaire annuel. Orest-il possible de laugmenter? La chose paraît difficile parce que d’abord il semble impossible d'élever sensiblement le salaire quotidien sans réduire le profit de l’entrepreneur de culture à un chiffre insignifiant et ensuite parce qu'il est matériellement impossible d'augmenter le nombre des journées de travail : la tendance est plutôt à la réduction et à la périodicité des principales opérations culturales. FES

Qu'on ne perde pas de vue qu’il est possible, sans diminuer le produit net, par la culture des fourrages ,de réduire dans des proportions importantes la main-d'œuvre ouvrière. La modification de l’assolement biennal proposée par M. Brandin, réduit les labours de cinq à deux. Si au lieu des céréales, partout où on le peut on faisait des prairies, les labours seraient réduits à zéro.

Si grâce à l’augmentation des salaires ouvriers les profits des entrepreneurs descendaient audessous d’un certain chiffre, il ne faut pas se Île

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dissimuler, ce serait inéluctablement la réduction des frais de main-d'œuvre par la suppression pure et simple d’un certain nombre d'ouvriers. Ceux qui resteraient auraient des salaires plus élevés peut-être, mais ceux qu’on aurait renvoyés ne seraient pas plus satisfaits pour celà.

Quand on discutait, à la Chambre en 1903 le projet de loi tendant à mettre une taxe de 60 fr. sur les ouvriers agricoles étrangers, M. Rousselin fil entendre une protestation dans le Journal d'agriculture pratique ; après avoir expliqué la nécessité de la main-d'œuvre étrangère il disait : « La taxe aurait pour résultat ou bien de grever encore la culture déjà surchargée ou bien d’effrayer les ouvriers étrangers qui ne viendraient plus. À

« La conséquence pourrait être l’abandon de la culture ou le développement encore plus grand de la machinerie agricole » (1).

En définitive, et la chose semble paradoxale à priori, la présente des ouvriers agricoles étrangers rendant possibles la culture intensive et l'exploitation des produits de luxe permet aux ouvriers agricoles français de toucher des salaires élevés et leur assure un travail plus abont dant. Nos horticulteurs du littoral, patrons et ouvriers, pourraient-ils, sans les ouvriers italiens qui font les gros travaux de culture à bon marché, se livrer à la production rémunératrice des fleurs, des fruits et des légumes ? Sans la.

(1) Journal d'agriculture pratique. N° du 17 Juin 1905. p. 790.

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