MORTE
nous en offrent, prenons-les. Mais: comme il l’a été démontré au cours de cette étude, le moment est venu d'organiser et de favoriser l’immigration en France des salariés agricoles étrangers. Les conditions économiques et sociales s’améliorant chez eux, on constate depuis quelques années un certain fléchissement dans le recrutement de ces travailleurs: Nos entrepreneurs de culture ne devraient pas perdre de vue que toute amélioration dans les conditions de vie des travailleurs à l’étranger doit avoir comme corollaire une amélioration correspondante dans notre pays. Les ouvriers étrangers ne s’expatrient pas dans le seul but d’être agréables à nos cultivateurs : ils viennent en France parce qu'ils y trouvent des conditions meilleures que chez eux: il faut que les raisons qui les attirent dans notre pays soient toujours assez fortes pour vaincre celles qui pourraient les retenir chez eux. L’amélioration des salaires, de la nourriture, du couchage et des conditions générales du travail peut s'imposer, on doit la réaliser toutes les fois qu’elle sera réalisable.
L'Etat peut aider et faciliter beaucoup le recrutement des ouvriers agricoles étrangers en leur appliquant chaque jour davantage la législation sociale, en les assimilant de plus en plus aux travailleurs français. Enfin pour compenser en partie l'insuffisance des naissances, il serait nécessaire de faciliter, en simbplifiant les formalités et en réduisant les dépenses nécessaires, la naturalisation du plus grand nombre possible
d'étrangers. On a vu ce qu’il fallait penser des prétendus dangers que peuvent faire courrir à notre pays les travailleurs étrangers. Si vraiment, comme on le prétend parfois, ils sont moins avancés en civilisation que leurs camarades français on n’a pas àredouter de leur assimilation un danger quelconque et ainsi que le dit M. Leroy. Beaulieu : « Ce sera un excellent alliage cet alliage dans des proportions modestes d’un métal moins brillant, moins apprécié mais qui en se mêlant à l’or donne à ce dernier plus de consistance et plus de force » (1).