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3me PART. — LA DISCUSSION 21
«95° D’aplanir, par son intervention et grâce à sa Connaissance de l’ouvrier polonais et de sa psychologie, les difficultés qui pourraient surgir entre le patron et l'auvrivr.
« 60 De limiter l'immigration des ouvriers poloncis aux besoins réels de l'agriculture ou de l'industrie française en évitant de créer une concurrence déloyale aux travailleurs français.
« 7° De jeter les bases d’une colonisation polocurence déloyale aux travailleurs français.
naise en France et aux colonies, principalement en Algérie, en Tunisie et au Maroc.
« 8 De centraliser toutes les données statistiques et économiques pouvant intéresser la maind'œuvre polonaise.
« 9° De constituer une caisse spéciale de secours et de rapatriement.
« 10° Enfin les Statuts de la Polonia prévoient que tout le bénéfice qu’elle pourrait réaliser sera utilisé pour des œuvres philanthropiques et sociales” (75 p. cent pour des œuvres en France et 25 p. cent pour des œuvres en Pologne) ».
Si la Polonia aboutit dans l’œuvre entreprise ce sera en ce qui concerne la main-d'œuvre polonaise l’assainissement de l’immigration, la sécurité pour les ouvriers et pour les patrons.
La Polonia a élaboré un contrat sur les bases duquel se fera l’embauchage des travailleurs polonais.
Il est indispensable que du côté des employeurs on songe à s'organiser : il faut que les fédérations de syndicats agricoles dont les adhérents
sont susceptibles d'occuper des ouvriers polonais se tiennent en relations étroites avec la Polonia car le défaut de nos agriculteurs a été de faire leurs demandes trop tard : l'Allemagne, qui a organisé en Galicie un service dont le but est de recruter les ouvriers polonais, fait un choix très méthodique, prend les bons et laisse les mauvais. Grâce à la Polonia, si nos agriculteurs secouent un peu leur torpeur, la sélection pourrait s’effectuer en notre faveur : il faut arriver à temps.
C’est comme nous le faisions remarquer un pas dans la voie de l’organisation qué nous croyons nécessaire.
Mais quelle que soit l’organisation qui préside au recrutement des ouvriers agricoles il est indispensable que l'Etat exerce un contrôle afin d'éviter les abus qui pourraient se commettre dans l'emploi des ouvriers agricoles étrangers.
Il n’y a pas lieu de redouter, fort heureusement, dans notre pays les actes de brutalité dont on se plaint à juste droit dans les provinces prussiennes où l’on emploie les polonais ; mais des négligences coupables peuvent se produire, des abus aussi : il faut que par ses inspecteurs du travail l'Etat en arrive à exiger l’observation stricte des règles d'hygiène qui s'imposent notamment en ce qui concerne le logement des travailleurs. Il existe en Allemagne un bureau central qui s'occupe des contrats et aussi du bien-être des ouvriers saisonniers. Il serait à souhaiter qu'il en fût de même dans notre pays.
La. Dé GO :
3Me PART. — LA DISCUSSION 329
La législation exerce une certaine influence sur l'immigration ouvrière. Le salarié étranger est d'autant plus incité à venir dans un pays qu'il s'y trouve mieux protégé contre les risques de toutes sortes qu'il court dans l'exercice de sa profession. Enr
On a vu que la législation françase pousse très loin l’assimilation des étrangers aux français ; malgré ce qui a pu être dit pour la défendre? contre les appréciations injustes qui ont été portées contre elle on peut cependant être d’awis de pousser progressivement plus avant cette assimilation afin de préparer l'unité des conditions dans ia grande famille des travailleurs.
Pour l’agriculture on pourrait objecter que le nombre considérable d'ouvriers saisonniers qui ne viennent que temporairement dans notre pays serait un obstacle à l’extension de la législation ouvrière. On ne voit pas trop en quoi: les risques sont proportionnels au temps que les étrangers passent chez nous et s'ils ne séjournent que trois mois en France par an c’est seulement pendant trois mois qu'ils seraient sous la protection intégrale de la législation française. ee
On s’accorde pour demander de faciliter encore davantage que ne le fait la loi de 1889, la naturalisation des étrangers. On a eu l’occasion de constater assez souvent que les lenteurs administratives et les frais inhérents aux formalités à remplir arrêtent un certain nombre d’étrangers qui auraient le désir de se faire natura-
liser. Le législateur pourrait de ce côté faire encore quelque chose (1)..
En conclusion il est urgent d'organiser en le favorisant le mouvement d'immigration des ouvriers agricoles étrangers. On constate certains fléchissements de ce mouvement dans les ré-.
gions frontières : il ne faut pas attendre qu'on ait oublié le chemin de la France pour faire les efforts nécessaires.
(1) Dans un projet d'ensemble sur la population, le ministre des finances, M. Klotz, envisage précisément la possibilité de simplifier les formalités pour la naturalisation.
L'agriculture française réalise chaque jour de nouveaux progrès aussi bien dans le domaine technique que dans le domaine économique.
On a vu que ces progrès sont dûs en grande partie au concours que nous apportent les travailleurs étrangers. La production agricole de notre pays n’est pas encore ce qu'elle devrait être : on se heurte encore à trop de routine et de mau-
vais vouloir ; mais même si, secouant un jour
leur torpeur, nos entrepreneurs de culture réfractaires aux idées nouvelles voulaient se consacrer du jour au lendemain à la pratique des mthodes raétionnelles appliquées à la culture intensive ils ne le pourraient peut-être pas par suite de l'insuffisance de la main-d'œuvre.
On a vu ce qu'il en était réellement : les saf lariés de la terre désertent pour des raisons que n'arrivent pas à contrebalancer toutes celles qu'on a essayé de faire valoir. Il ne faut plus se faire illusion : les travailleurs de la terre savent aussi bien, même mieux, que ceux qui entreprennent de les convertir où sont leurs véritables intérêts. Ils resteront à la culture non pas quand on leur aura dit une fois de plus qu'ils y sont bien, mais quand effectivement ils auront cons-
taté qu’ils y sont mieux que dans le commerce, l’industrie ou les fonctions publiques. Il faut bien avouer qu'on a pas encore fait tout ce qu’on aurait dû pour en arriver là ; il faut reconnaître aussi que ce n’est pas toujours possible. Par conséquent il faut s'attendre à ce que le mouvement d’exode continue pendant quelque temps: un certain tassement est en train de se produire, il faut attendre qu'il soit terminé. Les machines n’arriveront pas à réparer les vides faits par la désertion des chambs : il est des travaux que l’homme seul est capable de faire. Il est par conséquent nécessaire, comme on l’a vu au cours de cette étude, de faire appel à la main-d'œuvre étrangère.
La question de la main-d'œuvre étrangère demande à être envisagée très objectivement. Ce n'est pas avec des considérations d'ordre sentimental qu'il faut la discuter : on n'arrive au contraire, de cette façon, qu'à l’obscurcir. Les travailleurs français doivent être occupés quelque part: vaut-il mieux qu'ils s'occupent à la culture ou à toute autre branche de l’activité humai ne ? C’est surtout leur affaire à eux et il en est tellement ainsi que malgré toutes les invitations qu'on leur à faites de rester aux champs, ils ont continué à abandonner le travail de la terre pour aller vers d’autres occupations. Le fait est brulal, matériel et, malgré qil existe depuis longtemps déjà, on n’a pas encore réussi à le modifier. [1 nous faut des bras pour mettre en valeur le sol de notre pays : certains peuples voisins