SCENE XI
Les Mêmes, AUGUSTE.
AUGUSTE, sortant de droite premier plan.
C'est fait monsieur ! je suis arrivé à rhabiller!
MASSENAY) redescendant vivement 4.
Auguste ! oh! nom d'un chien ! (vivement et bas.) Chut!
AUGUSTE (3), qui n'a pas fait attention à l'avertissement de Massenay.
Il m'a dit son nom, monsieur! 11 s'appelle Hubertin!
MASSENAY, toussant très fort pour étouffer la voix d'Auguste.
Hum ! Hum?
GOUSTODILLU, qui est redescendu (3) faisant pivoter Auguste en le prenant à la cravate t
Qu'est-ce qu'il a dit !
Il le secoue comme un prunier.
AUGUSTE, à moitié étouffé, ballotté comme un pantin entre les mains de Coustouillu.
Mais monsieur! mais monsieur!
GOUSTOUILLU.
Hubertin ? Vous avez dit Hubertin?
MASSENAY, intervenant entre eux et les séparant.
Ilein! Mais non, mais non...! Qu'est-ce que tu vas entendre avec ton Hubertin V... Il te poursuit en rêve ma parole! Il a dit Vertm! ça n'a aucun rapport!
GOUSTOUILLU, méfiant.
Vertin? il a dit Verlin ?
AUGUSTE (i) hésitant, tout en rattachant sa cravate.
Hein?... Oui monsieur.
GOnSTOUILLU, id.
Ah?... c'est drôle!... Qu'est-ce que c'est que ce Vertin?...
MASSENAY.
Rien!... Quoi? C'est un mendiant!... un pauvre vieux mendiant à qui je fais donner des vêtements. Tu n'as jamais vu de mendiants à domicile? Tiens! veux-tu lui donner quelque chose?
GOUSTOUILLU.
Non!
MASSENAY.
Ehl bien alors, laisse-nous tranquille!
GOUSTOUILLU, peu satisfait par cette explication.
Oui. enfin... !
MASSKN A Y.
Allez Auguste! allez expédier votre pauvre homme, (vius bas.) Et quand ce sera fini vous me préviendrez...
AUGUSTE, bas, à Massenay.
Mais monsieur il ne veut s'en aller qu'après avoir fait un pocker...
MASSENAY, à mi-voix, à Auguste, tout en le poussant vers la porte.
Eh! bien mon ami, qu'est-ce que vous voulez ? faites un poker !
AUGUSTE, revenant à Masscnay.
Mais je ne sais pas y jouer...
MASSENAY.
Eh ! qu'est-ce que ça fait ? Vous savez la manille!... eh! bien, qu'il joue le poker et vous la manille... il est saoul ; il ne s'en apercevra pas. Allez !
11 le repousse vers la porte.
Ah?... (Avec un soupir.) Oui, mousicur 1
Sonnerie. — Il sort.
MASSENAY.
Allons bon, encore la sonnette !
GOUSTOUILLU.
Alors mon ami, pour en revenir...
MASSENAY, Oui, tout de suite. (ll va au fond d'où l'on entond un bruit do voix, il entr'ouvro la porte qu'il referme vivement.)
Oh! nom d'un chien, les Chanal !
Il redescend précipitamment vers Coustouillu. GOUSTOUILLU.
... Voici ce que...
MA.SSENAY.
Oui, mon ami, tout à l'heure... Voilà des persouncs qu'il faut que je reçoive tout de suite.
SOPHIE
Qu'est-ce que c'est?
MASSENAY.
Rien ! des personnes avec qui j'ai rendez-vous. Veux-tu emmener Coustouillu par là... (acoustouiiiu.) le temps de les expédier, je suis à toi dans cinq minutes.
COUSTOUILLU.
Soit!
SOPHIE
Tenez, si vous voulez venir avec moi, mon cher Coustouillu?
COUSTOUILLU, passant.
C'est ça! mais fais vite.
MASSENAY.
Oui! (vivement, et bas à sa femme.) et SUrtout paS
un mot du pochard.
SOPHIE
Sois tranquille! j'ai compris! (a coustouuiu.) Par
lia sortent tous deux par le second plan gauche. MASSENAY, traversant la scène et gagnant la droite, en se tenant la tête à deux mains.
Oh! cette journée! Cette journée!