DI VE INSANIA
Si jamais une rivale
Dans ton sang et le sien ruisselant sous ma main,
On me verra nager comme un tigre marin ;
Il est honteux, dit-elle, que l’enfer
N’ait pas eu jusqu’ici de solides émeutes.
Elle adjure tous les dieux d’entrer dans une conspiration contre Démonas.
Ils lui obéissent et passent tous devant Démonas en lui bnranl une menace.
Cette scène me paraît imitée de la belle scène des Masques dans la Lucrèce Borgia de Victor Hugo. — Au nombre de ces dieux sont Apis, rOgnon, Voltaire, la Punaise, Jupiter, Victor Hugo, Teutatès, Lamartine, Dumas et Irminsiil.
Mais Démonas les brave :
Fuyez tous, ou, d’un coup vom perdant la bedaine.
Je vous enfourche tous
Trembles, tremblez, tremblez. Démonas liérissé
Ne peut plus retenir son trident courroucé.
Fuyez, fuyez, fuyez
Démonas en travail de vos trépas accouche.
Les dieux fuient; Démonas seul se permet un monologue :
Quel supplice, grand Dieu I que Tamonr d’une femme
Qui veut que toujours tout se soumette à ses plans.
La femme la plus noire est la femme jalouse.
Démonas forme des projets terribles contre rUnitéide ; mais elle parait, et Démonas devient à l’instant amoureux d’elle,
. . . . Deviens aujourd'hui mon ineffable épouse.
L’Ünitéide le repousse avec la brutalité de la vertu. Cependant, tout en n’aimant pas Démonas, elle est au fond un peu touchée de son amour.
Ah! monsieur Gagne, vous connaissez bien les femmes. — Ah ! dive madame Gagne, née Élise Moreau, ce n’est pas à vos seuls pieds
qu’il en a pu apprendre si long. Madame Gagne, veillez!
Démonas , furieux de se voir repoussé, lui dit :
Jo plonge dans ton sein ma fourche déicide.
Mais runitéide pare le coup , et Démonas s’enfuit.
La Panarchie se rencontre avec l’Unitéide, elles échangent dix mille vers. — La Panarchie essaye de séduire TUnitéide et lui dit :
Tu seras, après moi, la reine universelle,
Et même, pour grandir ton pouvoir général,
Je l’offre pour époux l'illustre Bélial,
Superbe et très-fort diable et qui dans mon empire
Aux diablesses en feu donne un brûlant délire ;
L’enfer est fier des fils que je fais, sans démordre ; Hier, j’ai fait encore un tout petit Désordre,
Après en avoir fait trois dans le mois dernier.
L’Unitéidc refuse, la Panarchie la déclaro bégueule. — L’Unitéide sort. Arrive la France, — La Panarchie lui explique sommairement en trois ou quatre mille] vers tout l’intérêt qui doit
la pousser à l’acclamer; la France montre son hésitation par cinq cents vers.
Alors,
l.\ PANARCHIE.
Quoi qu’il en soit, je veux, ô France ! désormais.
Que ta plume ou tes dents ne m’attaquent jamais,
Si lu me fais encor ta plus légère niche.
Je le musellerai comme un petit caniche;
Loin d’être à t'avenir ma fille atnée en fleuis,
Tu deviendras ma bonne et mon esclave en pleurs ; T’étant les libertés, la gloire et la famille Je le ferai passer par le trou d’une aiguille.