LE MONUMENT DE WOLFE ET LE MONTCALM
Sur cet ob:lisque de pierre,
Deux noms de héros sont gravés ; Dans une lutte meurtrière
Ces guerriers furent enlevés,
Mais la divine Providence N'équilibra pas la balance
En leur distribuant ses dons :
Elle qui règle toutes choses
A réservé pour l'un, les roses, Pour l'autre, les âpres chardons.
Le premier, fils de l'Angleterre, Dans la victoire enveloppé,
Ne maudit point, dans sa colère La balle qui l'avait frappé ; Car, semblable en cette journce Au tier Thébain de Mantinée,
Il voyait vivre ses enfants ; Autour de lui, quand la blessure Rendait 84 mort prochaine et sûre, Se pressaient ses fils triomphants.
Mais l'autre, noble enfant de la France, Sans guerriers Come sans espoir, Sut, à l'heure de ln souffrance,
Etre l'esciave du devoir,
[1 fut vaincu : ar sa défaite
Lu France pordis “a conquête ;
Mais l'Anglais honore se Où ;
Car, son ennemi le co fosse,
Montcalm, en ce jour de détresse, Tomba Comme tombe un héros,
Grâces aux soins de Dalhousie, In monument fut érigé
Au Français que lu poésie
Parmi les plus grands n rangé,
Mais par un bizarre Contraste,
Les héros de ce jour néfuste
Côte à côte furent placés,
Et les Canadiens Magnanimeos,
D'Albion sujets légitimes,
Ne s'en trouvent point offensés,
{‘Cpendant, nous devons le dire.
1 le fils noble ct Hénéreu x
Du gaulois ne Suit pas maudire Celui qui Vainquit ses aicu x.
Encor Plein d'amour Pour sa mère, Le France chérie, 1 préfère
À ce nom superbe et Vainqueur D'un fils aimé de lu Victoire,
Celui du Vaincu, dont la gloire Sera toujours chère à mon cœur,