‹ La maison d'un bourgeois au dix-huitième siècleChapitre 18 sur 40 · IMMEUHLES ET CAPITAUX — TESTAMENTS 3 J · texte numérisé non relu

IMMEUHLES ET CAPITAUX — TESTAMENTS 3 J

l'Esclavage, de La Vierge du Rosaire, du Crucifix, de la Vierge de Miséricorde et de la Vierge d'Espérance, établies dans les églises des Pères Réformés, des Pères Prêcheurs, des Cordeliers de l'Observance, des R. P. Récollets, et dans la paroisse de Saint-Martin.

Le premier testament de M Tamisier , déposé chez M" Ollivier , notaire, porte la date du 30 janvier 1768. — Il en fait mention dans son journal, et y ajoute quelques dispositions dont il recommande l'exécution à son héritier universel, son neveu Martin : « Telles étant, dit-il, mes volontés, je veux qu'elles aient autant de force qu'un acte, ou testament, par devant notaire. »

Il donne à son beau-frère, M. François-Mathieu Galin , pour en jouir après le décès de Madame Tamisier :

36 LA MAISON d'un HOURGBOIS

Une paire de vieux chandeliers d'argent, armoriés ; deux grandes fourchettes à découper ; deux fourchettes pour le dessert, quatre cuillers pour le compotier, deux cuillers à sucre, façonnés ; deux saladiers, un service de porcelaine, un bureau en marqueterie, la chaise à porteurs et les deux « tableaux portraits. »'

Il distribue ensuite, à ses neveux, l'argenterie, les meubles, les livres, le linge de table et son linge personnel ; il ne manque pas de répartir équitablement ses chemises elles-mêmes ; en sorte que, chacun de ses neveux, aura six ou douze chemises, « dans l'état où elles se trouveront à son décès. »

Le 6 juillet 1771, M. Tamisier dépose, chez son notaire , un second testament, dans lequel il confirme ses dispositions précédentes et ajoute quelques donations.

Il laisse à M"^"^ Tamisier, la jouissance de tous ses meubles et des récoltes de ses propriétés.

1 — Sans doute, son portrait et celui de M"'*" Tamisier.

Il institue, héritier universel, son neveu Antoine Martin, docteur en médecine, demeurant à Apt, qui aura à payer, à ses cousins, les divers legs qu'il a indiqués dans le premier testament, en outre des objets mobiliers qu'ils recevront après le décès de M'"^ Tamisier.

Sa femme fera dire 400 'messes, et son héritier universel 1000 messes.

Il lègue :

A l'Hôtel-Dieu de Marseille L. 200

A l'Hôpital de la Charité 200

A la Miséricorde 200

Aux enfants abandonnés 100

Aux pauvres de Gargas loo

Aux pénitents d'Apt loo

Le 17 mars 177^, M. Tamisier fait un troisième et dernier testament, dans lequel il insère quelques nouvelles dispositions ; il donne, notamment , toute sa musique à Didier, François, son filleul, fils de son ami et ancien associé.

Viennent ensuite ses instructions pour ses funérailles :

38 LA MAISON d'un UOUilGEOIS

« Je serai inhumé ou soit enseveli , dans la paroisse Saint-Martin, et dans le sépulcre de mes beaux-frères Galin , situé entre le pilier de Sainte-Marthe et celui de la chaire.

« Je serai habillé avec l'habit du tiers-ordre de Saint-François des R. P. Récollets. Il sera donné comme légat, au dit tiers-ordre, une somme de cinquante livres, et je me recommande aux prières des frères de l'association du dit tiers-ordre.

« 11 y aura, au convoi funèbre, la paroisse de Saint-Martin, la paroisse des Accoules, les R. P. Récollets et les R. P. Cordeliers de l'Observance.

« Il sera appelé, au convoi, les grands hôpitaux, et comme je suis fondateur de l'Hôpital général , toute la famille assistera à mes obsèques, et prieront le bon Dieu pour le salut de mon âme.

« Il sera encore appelé, à mes funérailles , la maison du Refuge, l'œuvre de la Propagation de la Foi , l'œuvre des pauvres honteux de Ki

paroisse, dont je suis actuellement recteur et commissaire.

« De plus, il sera appelé à mes funérailles ou obsèques, les confréries ci-après, où j'ai servi en qualité de prieur:

« La confrérie du Saint-Esclavage, dans l'église des R. P. Réformés.

« Celle de la Viergedu Saint-Rosaire,dans l'église des R. P. Prêcheurs.

« Celle du Bon Jésus, dans l'église des R. P. Grands-Augustins.

« Celle du Crucifix, dans l'église des R. P. Cordeliers de l'Observance.

« Celle de la Vierge de la Miséricorde , dans l'église des R. P. Récollets.

« Celle de la Vierge d'Espérance, delà paroissede Saint-Martin.

« Le tour du convoi passera devant la Loge et la paroisse des Accoules,où j'ai resté trente ans.

« Telles sont mes volontés que j'ai transcrites de ma main, A Marseille, dans mon cabinet , en bien bonne santé, le 28 Mars 1775. »

Tamisier mourut le 11 Décembre 1781, à l'âge de 70 ans , et fut enseveli , ainsi qu'il l'avait demandé, dans l'église de Saint-Martin, entre le pilier de Sainte-Marthe et celui de la chaire.

Il s'était préparé longuement , pieusement, à ce moment suprême, qu'il vit arriver sans crainte, avec la confiance absolue de revivre dans la paix éternelle.

Comment en aurait-il été autrement ? charitable et bon, il avait bien vécu, il devait bien mourir.

Tamisier était resté absolument étranger aux contreverses religieuses ; le doute qui , déjà , bouleversait la société, à la suite de la guerre que menait contre la religion , Voltaire et les encyclopédistes, n'était point parvenu jusqu'à lui.

Certain d'avoir rempli consciencieusement tous ses devoirs , espérant d'ailleurs obtenir , par ses

prières et par les messes demandées à ses héritiers, l'absolution de ses fautes , il n'avait aucune fâcheuse préoccupation, et la mort, si redoutable pour d'autres, ne pouvait être pour lui qu'un passage sans trouble.

Telle fut la fin de cet honorable bourgeois du xvnr® siècle... Fut-il moins heureux pour n'avoir point connu les vaines discussions de la philosophie ?

VENTE APRÈS DECES

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