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« Ici, vous y trouverez tout avec preuve de la vérité et anticquité qui estoit cachée, non dans le puits de Démocrite, mais es vieils manuscripts presque perdus d'oubly, et avec un stil sincère. »
Des Guerroys.
1 est d'usage, dans les ouvrages du genre de celui-ci, de multiplier les pièces justificatives. On veut, avec'raison, que chaque affirmation du texte puisse être contrôlée au moyen d'une preuve correspondante, que chaque personnage dont il est
question ait, pour ainsi dire, son dossier. Nous nous sommes, bien entendu, soumis avec plaisir à cette nécessité de l'érudition moderne.
Si nous avons publié in-extenso bien des pièces que nous aurions pu nous dispenser d'imprimer tout entières, puisqu'il nous aurait suffi de citer les passages où figure le nom de Caix, c'est dans la pensée de donner un peu plus d'intérêt à ce livre, en y insérant des documents concernant un grand nombre de familles.
C'est le même désir d'être utile qui nous a fait multiplier les Tables.
Nous donnons successivement celles des Noms de personnes et des Noms de lieux cités dans le texte et les pièces justificatives, le sommaire des Chapitres, et enfin l'explication des Gravures.
Dans le classement de nos Preuves, nous n'avons pas suivi l'ordre rigoureusement chronologique, mais celui de leur renvoi dans le texte.
Dans certaines Montres où se retrouvent parfois les mêmes noms, nous les avons laissés, dans chacune d'elles, tels que nous avons pu les lire, sans nous préoccuper de leur donner une orthographe identique.
Comme il peut se faire — et qu'il se trouve en réalité — que la description des manuscrits dont nous nous sommes servi , manque parfois de
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concordance et qu'ils sont divcrscmenl indiques en plusieurs endroits, nous donnons ici la liste des principaux docunients d'archives et de bibliothèques qui nous ont fourni nos Preuves '. Les voici par ordre alphabétique :
Amiens (Cartulaire du Chapitre d'), aux Archives départementales de la Somme.
Archives privées de la maison de Caix.
Cabinet de Titres : Pièces originales, Volumes du Cabinet de d'Hozier, Dossiers bleus, etc., etc., aux Manuscrits de la Bibliothèque Nationale.
Clairambault : Titres scellés à la Bibliothèque Nationale.
Clermont (Dénombrement du Comté de), au WX" siècle; Bibl. Nat. Fonds Français, 20082.
Compiègne (Cartulaire blanc de Saint-Corneille de), aux Archives Nationales, LL, 1622. Copie à la Bibl. Nat. Fonds Latin, 917 1.
Corbie (Cartulaires et Registres terriers de l'Abbaye de) : — Cartulaire Noir; Bibl. Nat. Fonds Latin, 17758; — Cartulaire Nehemias; Bibl. Nat. Fonds Latin, 24141; — Cartulaire Stix; Registre des Actes de foi et hommage, aux Archives de la
' Il s'agit seulement, bien entendu, des grandes Collections — dont quelques-unes comprennent plusieurs centaines de volumes — et de quelques Cartulaires. La liste de toutes les sources auxquelles nous avons puisé nous aurait entraîné trop loin.
Somme; — Registre Alexander; Bibl. Xat. Fonds Français, 24144; — Registre Marcus; Bibl. Xat. Fonds Français, 24140; — Registre Matheus; Bibl. Xat. Fonds Français, 24139.
De Camps : Xobiliaire historique, à la Bibliothèque Xationale.
Dufourny : Gendarmes de l'hôtel du Roy, au Cabinet des Titres de la Bibl. Xat., vol. 684; — Inventaire des Titres de Lorraine; Bibl. Xat. Fonds Français,
Grenier (Dom) : Collection de Picardie, aux Mss. de la Bibliothèque Xationale.
Hommages et Aveux de la Chambre des Comptes (La Fère); Archives Xationales, P. 248.
Laon (Archives municipales de), à l'Hôtel-de-Ville; — Cartukire de l'Abbaye de Saint-Martin de Laon, à la Biblioth. municipale, Mss. 532, D. — Il en existe une copie aux Archives départementales de l'Aisne, H, 873.
Lemoine : Inventaire des Titres de l'Abbaye de Corbie; Bibl. Xat. Fonds Français, 8795-8799.
Lihons-en-Santerre (Cartulaire du Prieuré de); Bibl. Xat. Fonds Français, 5460. — Il en existe une copie du XMIP siècle à la Bibliothèque de la ville d'Amiens.
Montres classées chronologiquement, à la Bibliothèque Xationale, Fonds Français, 25764 et suivants.
Montres du Cabinet des Titres, à la Bibliothèque Nationale.
Moreau ; Chartes et Diplômes, à la Bibliothèque Nationale.
Paraclet (Cartulaire de l'Abbaye du), aux Archives de la Somme.
Parlement de Paris (Registres du), aux Archives Nationales, X^^.
Pas-de-Calais (Archives départementales du), à Arras.
Pièces Originales du Cabinet des Titres, à la Bibliothèque Nationale.
Saint-Martin de Fouilloy (Cartulaire du Chapitre de), aux Archives départementales de la Somme.
Saint-Martin-aux-Jumeaux (Cartulaire de), aux Archives départementales de la Somme.
Thenailles-en-Thiérache (Cartulaire de), à la Bibliothèque Nationale. Fonds Latin, 5649.
Trésor des Chartes (Registres du), aux Archives Nationales, JJ.
Villevieille (Dom) : Trésor généalogique, au Cabinet des Titres de la Bibliothèque Nationale.
A côté des 1)4 Preuves que nous publions ci-après, nous renvoyons dans notre texte à autant de pièces que, pour des motifs divers et pour ne pas donner à ce volume déjà bien considérable, une dimension exagérée, nous n'avons pas cru devoir imprimer, et dont nous nous sommes contentés de
donner les références, de foçon à ce que le contrôle fût toujours facile.
Nous espérons que ce volume, ainsi documenté, pourra intéresser quelques érudits, et qu'on voudra bien, dans tous les cas, le classer au nombre des ouvrages d'histoire familiale dans lesquels la légitime fierté du souvenir des aïeux, n'exclue pas le souci de la vérité et le respect d'une entière bonne foi.
(a\ .1117). CHARTE DE CLÉREMBAULD, ÉVÉQ.UE DE SEXLIS, AU SUJET d'un différend ENTRE LES MOINES DE SAINT-ARNOULD DE CRÉPY ET ENGUERRAN, SEIGNEUR DE COUCY, QUI PRÉTENDAIT ÊTRE LÉGITIME POSSESSEUR, CONTRE LES MOINES, DU « BOURG » DE CRÉPY -EN - VALOIS, EN Q.UAL1TÉ d'hÉRITIER DE LA MAISON DES COMTES DE VALOIS ET d'aMIENS.
n nomine Domini, Amen.
Ego Clarembaldus, Silvanectensis Episcopiis, notum focio omnibus justitiae cultoribus, qualiter die data placiti apud Crespeium in Curia Sancti Arnulfi sub ustitiâHugonisejusdemiociprioris, quidam miles IXGELRAKXUS proclamavit contra monachos Crespeienses quoddam Burguni in suburbio Castri positum et a monachis ab antiquo possessum, dicens illud sui juris esse debere, et tam a suo avo quam a
suo pâtre DROGONE possessum fuisse. Addidit etiam matrem suam per dies aliquot et noctcs tenuisse. Ad hase monachi respondentes dixerunt : Si parentes vestri aliquid in burgo illo tenuerunt, violentiâ fuit. Walterus namque Cornes Ambianensis simul et Crespeiensis cum uxore suâ Adelà, nobilissimâ inter multa alla, illud Bcato ArnuUb olim dederunt et assensu Régis Francorum Roberti idipsum confirmari fecerunt. Hoc autcm Arnulfus Archiepiscopus Remensis , Robertus Archiepiscopus Rotomagensis, Leotherius Archiepiscopus Senonensis et aHi quamplures Episcopi sub anathemate confirmarunt. Postmodum vero Johannes XIX papa (qui sedit ab anno 1024 ad 1033) autoritate privilegii sui illud idem corroboravit. Insuper et D. papa Paschalis secundus praetcritis annis apud Latiniacum super Marnam privilegii sui praecepto sancivit. Supradicti quoqueMonachi hoc etiam addiderunt, dicentes quodHUGO avus ejus, qui Burgum illud violenter invaserat, ad ultimum recognoscens violentiam, Burgum B. Arnulfo dimisit praeter mansuram suam quam sibi tantum et uni hœredi suo sub censu trium solidorum ecclesiae quotannis reddendorum, retinuit, ita videlicet ut per obitum suum et sui tantum unici haeredis in perpetuum ecclesiae remaneret. Defuncto autem hoerede, jus suum ccclesia ex integro recepit, quiète plus quam viginti quinque annis tenuit, cum INGELRANNUS decem annis et eo amplius in patriâ miles extitisset, et magnam inde calumniam ostendisset. His dictis apostolica privilégia citata quaedicta sunt affirmantia monachi praesentaverunt, qui vero adversabantur nihilominus contra privilégia dixerunt. Post haec Prior Hugo qui justitiam causae tenebat, judicium fieri praecepit et cum ecclesiastica persona, scilicet Hugo Prior canonicorum de Bethisy judicium representaret, INGELRANNUS subterfugit et qui ad justitiam venerat, ecclesiasticam judicari ab Ecclesiâ contempsit, unde judicio ecclesiastico locum clamoris amisit. Huic audientiae affuerunt mecum Wibertus abbas
de Nongento, Odo abbas Suessioncnsis, Balduinus abbas canonicorum Sancti \'inccntii Silvanectensis, Martinusprior Sancti Martini de Campis, Hilo prior de Coinceio, Robcrtus prior de Sancte Margarete, Artaldus prior de Nantolio, cum multis aliis honestis viris tam clericis quam monachis. Laïci vero sunt hi : Adam de Crispeio, Daimbertus de Monsteriolo, Radulfus de Martrofo, Richardus Capellanus (lege : Castellanus) de Bethisy, Paganus de Castel, Walterus de Faredo, Tomardus, Fulco praepositus, Viardus Teloncarius et multi alii. Aiino Verbi Incarnati m 7. Régnante Ludovico Crasso Rege Francorum.
(GaUia Christiaua, Tome X. Iiistnmicnt. Ecclcsiac Silvamcknsis, p. 423 et 424).
Cette pièce est aussi copiée dans les manuscrits de D. Grenier (Collect. de Picardie, T. 267, fol. 145). Le savant historiographe de Picardie £iit suivre sa copie des réflexions suivantes :
« Extrait du dit acte :
« Par cet acte, l'Evèque de Senlis déclare que les Religieux de S' Arnoul de Crépy ont prouvé que le bourg dudit Crépy leur appartenoit, leur ayant été donné par Gautier 2, comte d'Amiens & de Crép}', du consentement d'Adèle, sa lemme ; que c'étoit donc à tort qu'Enguerran le revendiquoit, qu'il étoit bien vrai que Hugues, grand père dudit Enguerran l'avait occupé, mais que ce n'avoit été que par violence et que led. Hugues ayant lui-même reconnu avoir le tout au dit monastère, exceptée une maison qu'il s'étoit réservée sa vie durant et celle de son successeur seulement ; que ce successeur, c'est-à-dire Dreux, père du dict Enguerran étant mort, led. monastère étoit rentré dans la possession totale dud. Bourg, sans que led. Enguerran, qui étoit alors chevalier depuis dix ans, eut réclamé et s'y fut opposé, et que depuis ce temps led. monastère en avoit joui paisiblement pendant plus de 25 ans.
« Les religieux montrèrent aussi les pièces de la donation dud. Bourg confirmée par le Roy Robert, les papes Jean XIX et Pascal II, à quoi ledit Enguerran, ne pouvant répondre, se retira et abandonna ses prétentions.
« L'Enguerran dont il s'agit ici, est-ce notre Enguerran I, seigneur de Coucy : on luy donne pour père un nommé Dreux, sans doute de Boves ? Il appartenoit à la maison des Comtes d'Amiens, puisqu'il revendiquoit un bien qui avoit appartenu à ces seigneurs. Mais cependant, pourquoi en parlant de cet Enguerran, ne point l'apeller dans cet acte de Boves ou de Coucy? Ce seigneur étoit fort connu et l'on se contente de le traiter de « certain chevalier », &:-\ Au reste ce titre prouve que le dit Enguerran vivoit encore l'an 1 1 17, en cas que ce soit le nôtre. »
Nous avons déjà dit plus haut (p. 5, note i) que nous ne partagions pas l'hésitation de D. Grenier et que nous pensions au contraire, avec Du Cange, qu'il était impossible de ne pas reconnaître dans le Dreux et dans V Enguerran dont il est question ici, Dreux de Boves et Enguerran, son fils.
Nous avons vu, en effet, que Dreux était mort en 1079. A cette époque, Enguerran, né en 1020, était âgé de 59 ans environ. Il était, dit la Charte, chevalier depuis dix ans et plus (decem annis et eo amplius). Or, on sait que la chevalerie ne se donnait pas, à cette époque surtout, à de tout jeunes seigneurs (sauf, bien entendu, aux princes de famille souveraine), à moins de circonstances tout à fait exceptionnelles qui ne se retrouvent nullement dans la vie antérieure d'Enguerran. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que le fils de Dreux de Boves n'ait reçu l'investiture de cet ordre envié qu'à 45 ou 46 ans, c'est-à-dire vers l'année
Quant à l'espèce d'anonymat affecté dans la charte de l'Evèque de Senlis, nous serions assez disposés à y voir
quclqu'intcntion de mépris contre l'adversaire condamné des moines de Saint-Arnould.
Il ne finit pas oublier, en effet, qu'il y avait près de quarante ans (\\.\ Engucrran scandalisait la province de Reims tout entière par les hontes de sa vie privée, par sa résistance au roi et à son suzerain l'archevêque, par ses luttes contre le clergé, par son intrusion dans l'élection des évoques de Laon, Enguerran et Gualric, ses créatures, enfin par ses guerres impies contre le comte de Namur, son parent, à qui il avait ravi sa femme Sybille, et contre son propre fils, Thomas de Marie, dont ses iniquités avaient exaspéré le caractère violent.
Dans tous les cas, si le Dreux et VEngiierran de notre charte ne sont pas Dreux et Engiterran de Baves, qui sontils? demanderons-nous à notre tour. Et comment se ferait-il que des personnages aussi importants, alliés aux comtes d'Amiens et de Crépy, n'aient laissé aucune autre trace dans les documents de cette époque ? L'invraisemblance d'une pareille obscurité tranche à elle seule la question en faveur de notre thèse.
EXTRAIT DE l' « HISTOIRE GÉNÉALOGIOUE DES M.\ISONS DE GUINES
ET DE COUCV )) PAR AXDRÉ DU CHESXE. PARIS (SÉBASTIEN CRAMOISV), M.DC.XXXI. I\-FOLIO, P. 190.
« Entans de DREUX, seigneur de Boves.