‹ La maison de glace, ou, Le chasseur de VincennesChapitre 2 sur 56 · Ï5.\IS. DE CL · texte numérisé non relu

Ï5.\IS. DE CL

2 LiiorE.

porte, el qui, lorsqu'il se fut redressé, senibliiit un squelette revêtu d'une peau blanche. Ses yeux étaient profondément enfoncés dans leurs orbites ; ses pommettes aiguës se dessinaient sous Tépiderme raidi et collé sur les dents; ses longs cheveux lui tombaient sur le front emmêlés et remplis de glaçons pendants ; toute sa personne était enveloppée d'une peau d'ours au poil hérissé. A cet aspect, Hermine, saisie de terreur, poussa un cri perçant ; mais le fantôme jetant autour de lui un regard étonné, et apercevant la jeune fille, fit un pas en avant, étendit vers elle ses mains décharnées en signe de supplication, et s'écria d'une voix creuse et rauque :

— Noble fille de l'aurore boréale , accorde un asile à un infortuné.

A ces mots Hermine, presque défaillante, répondit:

— N'aie pas l'audace de pénétrer plus avant, car je suis seule. Mon père est allé à la chasse des phoques, mes frères à celle des ours blancs, et ma mère s'est rendue, avec ma belle-sœur , derrière la grande pyramide de glace , pour tendre des pièges aux martres, aux renards et aux oies aux cris rauques, qui émigrent en ce moment vers les Huskis d'où nous sommes sortis, du côté de la mer glacée, pour déposer leurs œufs sur les aspérités de la montagne de glace. Assieds-toi là-bas dans ce coin, sur cette peau de bison, et restes-y.

— 0 toi, plus belle que la blanche perdrix, vierge, délices des Esquimaux, dit le misérable , si tu ne te hâtes de me secourir, je serai mort avent le retour des tiens ; depuis plusieurs jours, je vis d'une poignée de lichen qu'en raclant péniblement, j'ai réussi à arracher de dessous la neige, brisée par les tourbillons du vent du nord. Aie pitié de la faim qui me dévore

Alors Hermine ayant levé le couvercle d'un vase, y prit un gros morceau de phoque rôti, et le donna à son nouvel hôte qui déjà s'était assis, ou plutôt affaissé, sur la peau de bison. Emu de reconnaissance pour celle qui lui rendait la

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