‹ La maison de glace, ou, Le chasseur de VincennesChapitre 28 sur 56 · LA MT)RT DE SIR JOHN FRANKLIN · texte numérisé non relu

LA MT)RT DE SIR JOHN FRANKLIN

— D'après ce que vous nous avez raconté de votre tragique aventure, lorsque le glaçon qui vous portait se fut détaché du continent, et, après vous avoir ballotté sur les flots, vous eût jeté sur une terre de glace et de neige, sans autre secours humain que votre courage, vous auriez succombé vous-même, si vous n'aviez trouvé à soutenir votre existence avec la nourriture que vous a donnée Hermine ; et vous en étiez arrrivé à un tel degré d'épuisement que, tout chargé qu'était votre revolver, vous n'aviez plus la force do tirer un renard ou un lièvre.

Peu après les découvertes à'Obson, le capitaine Mac- Clinlock le rejoignit au cap Félix, après s'être livré à des recherches prolongées au delà des détroits de Simpson, de Dease et de Victoria, et de l'île du Boi Guillaume dont il iivait fait le tour. Il offrit de nouveau et très-gracieusement à Martin de revenir avec lui à son vaisseau ; mais celui-ci qui avait en tôle de plus nobles desseins, refusa pour le moment en disant qu'il allait d'abord retourner au pôle magnétique en Booiie pour prendre divers arrangements avec le Martrier ; et qu'il espérait ensuite, au moment du dégel qui ne pouvait avoir lieu avant le mois d'août, rejoindre le capitaine au port de Kennedy, où le Fox était retenu dans sa prison de glace.

Alors Mac-Ciintock lui fit présent de plusieurs pics, de plombs, de haches et de scies a glace, en vue de tous les* incidents qui pouvaient se présenter pendant la traversée du bras de mer qui sépare l'île du Roi Guillaume de la Bootie. Ces cadeaux furent de la plus grande utilité à Mari in, à Héron dont il était accompegné et aux autres Esquimaux qui revenaient avec eux, car il s'éleva, durant leur voyage, un vent Ju Nord qui amoncela et durcit la neige nouvellement tombée, et il fallut bien souvent niveler le terrain pour faciliter le passage aux deux traîneaux, toujours en danger de se renverser. Les plombs et les scies valent d'ailleurs leur pesant d'or pour la chasse aux phoques ; les premiers, en frappant la glace, servent à y pratiquer des trous ronds, semblables à

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l'ouvorture d'une nteine. par lesquels res aiiimnnx sorî(-tît pour respirer ; tandis qu'on ouvre avec la scie des canaux qui permettent de jeter les filets, et de prendre ainsi l'esturgeon, ia morue et le hareng dont ces eaux abondent.

En disant au capitaine que la glace ne fondrait pas avant le mois d'août, Martin ne s'était pas trompé ; il avait une longue expérience de ces mers, resserrées entre des continents, et savait que la gelée y est si intense et la glace si dure (|ue le soleil de juillet est à peu-près impuissant à y mordre ; c'est à peine si les ardeurs du mois d'août suffisent à produire le dégel ; aussi Boss et d'autres navigateurs sont-ils restés doués comme entre des murailles de porphyre, jusqu'à trois et quatre années, sans pouvoir faire faire un mouvement à leurs vaisseaux. Cette fois, ce fut le 9 août ' que les g!aces du port de Keiwedy où était encastré le Fox, et celles du détroit du Prince régent, commencèrent à s'amollir, à se séparer et à se fondre assez pour que le vaisseau , sons l'impulsiO'P. de sa machine à vapeur, pût ?e faire jow on les broyant o travers les débris de celle profon,ie couche de glace, et sortir du détroit de fh'lhd pour entrer dans le canal qui baigne ia terre de A>;/ifrseï jusqu'au cap Clarence.

Le 15 août, le Fox se vit définitivement vainqueur des glaces qui formaient ça et là, dans le cani l du Prince Régent, de massifs amas, autour (desquels il fallait tourner, en virant de bord et faisant de grands circuits ; puis, à peine avait-on évité cet obstacle, que des montagnes énormes venaient assaillir le bâtiment, et l'on devait obliquer en toute hâ't? pour ne point en être broyé. Une fois parvenu dans le ds:troit de Lancastre, le Fox gagna rapidement la grande mor de liaffin ; et le 26 août, il arrivait dans le port de Cooi./- Imcen au Groenland. De là il repartit le 1'* seplômbre, côtoya, toutes voiles dehors, HolsUdnhords, Ijye-Sukkertoppuji. au-delà du détroit de Davis, doubla le cap Fareivell à lex-

(1 ) Sui\ant ie journal du voyage o'o Mcic-'-Unlock.

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