CONCLUSION
lui proposa de la tenir sur les fonts de baptême, ei de l'enniener ensuite h la factorerie pour y passer ensemble le reste de l'hiver. De plus, le comte, venu, du lac Garry^ avec ses Canadiens, pour voir son ami le Français, non-seulement voulut assister à la sainte cérémonie, mais encore demanda en grâce au missionnaire la permission d'être le parrain de Héron.
Tout était prêt : l'église de la mission joyeusement parée , les blancs vêtements des deux catéchumènes préparés par Julie, et les filles du directeur ; les bandelettes de satin blano destinées à ceindre les fronts, oints du saint chrême, et à retomber en ondoyant ; les guirlandes de lis et de roses qui devaient orner la tôle des nouveaux chrétiens... .Mais au lieu de la coupe d'argent, dans laquelle on versait habituellement l'eau baptismale, on avait apprêté cette tasse de cuir qui avait servi au missionnaire pour régénérer en Jésus-Christ l'Indien mourant, et dont Hermine, après l'avoir ramassée sur la neige, lui avait dit : « Robe Noire, tu me baptiseras avec cela. » Et en effet, le 11 novembre 1860, avant la messe solennelle, au son des cantiques d'allégresse, Hermine reçut le baptême sous le nom de Julie, et son frère Héron sous celui de Martin.