LOIN DE TOI
.lai ri de mon amour comme d'une folie
Oui no tenait pas même aux fibres de mon cœur ;
Je cherchais des raisons à la mélancolie
Qui mettait sur mes yeux sa pesante langueur.
.le disais: Cestle soir, l'hiver, la solitude; C'est le brouillard qui tombe et voile Thorizon ; C'est le fardeau trop lourd des livres, de l'étude ; C'est 1 ame de la nuit errant dans la maison.
Je voulais ignorer la cause de ma peine ! N'était-ce point assez des lointaines douleurs, Du fardeau partagé de la détresse humaine, Pour expliquer le sens intime de mes pleurs!
C'était toi, c'était toi dont la trop longue absence Me torturait ainsi ; car, pour fuir ce tourment, J'ai quitté mon foyer, le travail, le silence, J'ai cherché d'autres cieux au clair rayonnement,
Et j'ai vu les flots bleus où le gai soleil brode Des paillettes d'argent sur un long réseau d'or, Et lecharpe de soie aux reûets d'émeraude Qu'entraîne le navire en son rapide essor.
J'ai vu le golfe où dort une voile latine Et que les goélands emplissent de leurs cris. Et le palmier géant dont le bouquet s'incline Sous la brise qui joue en ses larges replis.