ADIEU
Puisque je dois mourir dans ma maison déserte, Dont le bonheur jamais ne franchira le seuil, Puisque je sens déjà mon âme recouverte, Avant Fombre du soir, par les voiles du deuil;
Et puisque si longtemps ma bouche a dû se taire, Comme se tait celui qui souffre pour sa foi, Je veux qu'un dernier cri de mon cœur solitaire T'apporte tout Tamour dont je brûlais pour toi.
Mais ce cri ne sera plus une plainte vaine, Car je ne veux poser que ma tendre douceur Sur ton être, arraché par la vie inhumaine A celle qui t'aimait avec tant de ferveur.
Puisque je n'ai pas su te dire ma tendresse,
Il faut que d'autres mains, pleines de beaux espoirs,
T'offrent les fruits dorés que le soleil caresse
Et le vin généreux qui jaillit des pressoirs.
Il faut qu'à ton foyer de doux visages viennent Et que montent vers toi des regards lumineux; Il faut que tous les biens d'ici-bas t'appartiennent, Car j'ai donné ma part pour que tu sois heureux.
Je n'ai voulu que ion bonheur. ..Toute mon dme Te désirait... Tu n'as pas su la conquérir ! Loin de toi j'ai gravi mon calvaire de femme, Et j'ai dû vivre, alors que je voulais mourir.