JE VOUS AI VU PASSER
Je vous ai vu passer ce soir sur mon chemin...
C'était vous, je le sais... Je tremble, je vous aime, Tout mon être s'émeut... Je ne suis plus moi-même, Je ne suis qu'une part de vous ; et votre main, Lorsqu'elle posera sa douceur caressante Sur mon front, tout pâli des longueurs de l'attente, Y mettra la fierté d'un bonheur surhumain.
Je VOUS aime ! Un plaisir merveilleux me soulève ! Le charme d'un regard vient d'emporter mon rêve. Comme Toiseau qui monte, enivré, dans Tazur! Je vous aime! Mon àme agrandie est meilleure, Et mes yeux sont remplis de la beauté de l'heure, Et ma lèvre est plus chaude , et m^on souffle est plus pur
Je vous aime ! Et je vois la lumière plus blonde. Je vous aime ! La joie éparse dans le monde Ne vaut pas la douceur de mon grave tourment ! Je vous aime! Et jamais la plus belle harmonie N'égalera ce cri de l'extase infinie Qui verse sur mes jours son tendre enchantement.
Je vous aime! Ce mot est mon unique étude; C'est l'orgueil de ma chaste et noble solitude; Nul ne pourra jamais me dérober ce bien ; Et je ne dirai plus que ma vie est perdue : Ma ferme volonté, vous me l'avez rendue; Vous m'attachez à vous par ce puissant lien.