‹ La maison de granitChapitre 9 sur 50 · JE VOUS AI VU PASSER · texte numérisé non relu

JE VOUS AI VU PASSER

J'aime! Ah ! j'ai bien compris ce que cela demande D'entier renoncement el de complète offrande! Je sais que pour l'amour il faut tout oublier ! Il faut lui dévouer une âme généreuse Qui saurait, pour aimer, se passer d'être heureuse, Et si haute que rien ne la fera plier.

Je sais qu'il faut avoir tout donné de soi-même Avant de prononcer le mot sacré : Je t'aime ! Et déjà, mon amour, votre main m'a tout pris : Ma paix et mon repos, mon cœur et ma pensée, Mon âme, désormais à la vôtre enlacée, Et ma vie, attendant devons son plus haut prix.

Et j'ai perdu, ce soir, un peu de ma sagesse. Puisque je lui préfère un rêve de tendresse. Je la vois s'en aller avec un grave émoi. .. Mais cet amour me fait une vertu plus forte : La douleur avec lui frappe au seuil de ma porte. Et c'est en souriant qu'elle avance vers moi.

vous NE SAVEZ PAS

Vous êtes mon bien, vous êtes ma chose, Je vois l'univers à travers vos yeux, Mais votre regard où le mien se pose N'a jamais voulu lire mes aveux.

Vous ne savez pas que je vous adore, Depuis tant de jours si vides d'espoir, Que je vous attends, là, depuis l'aurore, Et que j'attendrai dans l'ombre du soir.

vous NE SAYEZ PAS 44

Vous ne savez pas quel flot de tendresse

Envahit mon être avec votre nom;

Vous ne savez pas sous quelle détresse

Va sombrer mon cœur lorsque tout dit : non !

Je n'aurai de vous pas une pensée,

Pas un mot d'amour, pas même un regard;

Mais si je savais quelle fiancée

Doit vous rendre heureux, j'irais sans retard;

J'irais la chercher jusqu'au bout du monde, Car la solitude est lourde à porter. . . Il faut qu'une voix douce vous réponde Pour que vous n'ayez rien à regre'ter.

Je ne peux avoir pitié de moi-même ;

Je sais tout souffrir, mais je ne veux pas

Voir pleurer vos yeux, vos beaux yeux que j'aime^

Pour celle vers qui vous tendez vos bras.

Moi, je resterai la silencieuse, Grave de mon deuil et de ma douleur; Si vous m'oubliez pour votre amoureuse, Vous ne pouvez rien pour changer mon cœur.

Et vous êtes là, mon tourment, ma joie ; Vous chérir ainsi m'est amer et doux; Vous ne savez pas que mon être ploie Sous la volupté de souffrir pour vous.

Vous ne savez pas que mon âme est vôtre : Je vous appartiens jusqu'au dernier jour; Mais vous, le regard tourné vers une autre, Vous ne voulez pas savoir mon amour.

irsDIFFÉRENXE

Je ne désire rien au monde Puisque je n'ai pas ton amour; Mon indifférence profonde Monte et grandit de jour en jour.

A quoi servirait d'être belle Si tu ne dois pas le savoir?

D'être ardente, pure, fidèle, Si t'aimer n'est pas mon devoir?

Et que m'importe la jeunesse Si la mienne n'est pas à toi î Quel est le prix de ma tendresse Si tu ne recois rien de moi?

Et que ferai-je de ma vie Si je ne peux te la donner?

Pourtant ne crois pas que j'envie La mort... Ce mot fait frissonner.

Pourquoi souhaiter d'être morte Si je n'entends jamais ton pas Sur le seuil de l'étroite porte Où tu ne me rejoindras pas?

Dans l'univers immense et vide, Ma pauvre âme errerait en vain :

Le seul bien dont elle est avide, C'est toi qui le liens dans la main.

Page 1