‹ La maison de l'EgliseChapitre 1 sur 50 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

religieux. La fin de ses classes était habituellement consacrée à la lecture de quelqu'un de ces auteurs de génie, tragiques ou comiques, profanes ou sacrés, dont les œuvres sont et seront l'éternel honneur de la France et de l'esprit humain. Un jour qu'il nous lisait une des oraisons funèbres de Bossuet, un étourdi se permit de rire : « Vous riez, Monsieur, s'écria le professeur avec un accent d'indignation qui vibre encore a mon oreille. Vous ririez donc à l'enterrement de votre père ? »

C'est à cet homme excellent que je dois l'amour des belles-lettres, l'intelligence et le culte des chefs-d'œuvre du siècle de Louis XIV, l'invincible certitude que leurs auteurs, Racine et Molière, la Fontaine et la Bruyère, Corneille et Bossuet, ont élevé la langue française à une hauteur qui n'a jamais été atteinte depuis et qui ne sera jamais dépassée. Grâce à lui, j'ai compris qu'en dehors de la mesure et du bon sens, on ne crée point d'œuvre véritablement grande ni durable, que la violence n'est pas la force, que la rêverie n'est pas la pensée, que l'étrangeté n'est pas l'originalité, que la grossièreté cynique n'est pas la nature, et qu'il y a des lois éternelles

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