Cf. La Comédie-Française, gr. in-8°, Laveur, édit
La Comédie-Française. 141
que l'avait très bien jugé Sarcey, il n'était ni un
novateur hardi et turbulent, comme Arsène Houssaye, ni « un entêté Collin-d'Harlevillois ' », comme
le fut Empis; c'était un de ces esprits moyens, qui sont dans le vrai tempérament français, de ces esprits tolérants et ouverts, qui savent accorder avec le respect profond du passé le goût qu'il est bon d'avoir pour les modes nouvelles.
Durant la période qui s'écoula de 1858 à Ls7i>. il fut permis cà ceux dont les yeux étaient ouverts et l'intelligence attentive de reconnaître que pas une pièce de Racine n'y fut omise, sauf Bérénice; qu'on y joua onze tragédies ou comédies du vieux Corneille; qu'on rendit aux honneurs de la rampe La Mort de Pompée-, où Beauvallet avait une allure superbe, el Rodogune. Hèraelius. Nicomède, sans parler des chefsd'œuvre consacrés. Les fervents des beautés classiques eurent l'enchantement de Psyché et les ris agréables de L Illusion comique, 011 Got, à ce qu'on affirmait, parut admirable de verve et d'ampleur dans le type du Capitan. Voltaire réapparaissait, d'intervalle; c'était avec Zaïre et, pour la dernière fois, avec Mérope3. Quant cà Molière et à Regnard.ils restaient les botes familiers du répertoire.
Telle était la part des xvn' et xvme siècles, dans la distribution des spectacles. Les contemporains n'étaient pas négligés, surtout Emile Augier. dont les trois grandes comédies : Les Effrontés, Le Fi s de Giboyer. Maître Guerin, mirent en relief singulièrement les qualités bourgeoises d'Edmond Got, tandis
1. Partisan des pièces uu peu <:loar<-àtres de Collin d'Harléville.