De Pierre Corneille
3. La tragédie de Mérope ne fait plus partie du répertoire de la Comédie-Française.
La Ma
de Molière.
que, dans les Proverbes d'Alfred de Musset, Delaunay et M11' Favart associaient leurs talents avec une grâce, une perfection, incomparables.
Les saisons étaient fécondes en belles éclosions d'art et d'artistes. La prospérité générale du Théâtre- Français, le bon état de la troupe, les espérances fondées sur les œuvres attendues, remplissaient de joie les fervents de l'illustre scène. Soudain éclatèrent de terribles nouvelles, faites pour rejeter au dernier
plan de l'attention publique ces questions de théâtre, d'acteurs et d'actrices.
Le 18 juillet 1870, on avait affiché Le Lion amoureux de Ponsard. C'était le jour j| même de la déclaration de T- guerre. L'année douloureuse avait commencé.
Cette période de crise violente rappelle aussitôt à nos souvenirs : les soirs d'émotion où la tragédienne Agar déclamait d'une voix profonde et chaude les strophes de Rouget de Lisle; les étranges fluctuations auxquelles fut soumis l'état de la Comédie pendant les dernières semaines de l'Empire et les premières de la République; le généreux élan d'où sortit la création des ambulances du Théâtre-Français; le dévouement individuel et collectif des sociétaires femmes (Madeleine Brohan, Mlle Favart, Victoria Lafontaine, Edile Riquer), pour les soins à prodiguer aux blessés; enfin les représentations sensationnelles qui furent données, pendant le Siège, sous les auspices du
Emile Augiek.
COQUELIN AÎM-:.
(Rôle de Florence, dans Les Rantzau, d'Erckmann Chatrian.l
La Maison Je Molière. i4°
patriotisme et Je la charité. Et quelles soirées, quel public, sous la Commune !
Au lendemain de ces terribles épreuves. Edouard Thierry pouvait se rendre le témoignage qu'il n'avait pas laissé s'éteindre dans le Paris assiège la lumière des lettres, alors que la supériorité des armes était passée aux ennemis de la France. C'est dans ces conditions qu'il laissa la place au successeur qui lui l'ut désigné : Emile Perrin. 11 lui léguait en même temps une troupe admirable. Avec un légitime orgueil. Perrin retrouvait sur la liste ces noms tant de fois cités, proclames : Régnier. Provost, Leroux. Bressant. Got, Delaunay. Coquelin, Febvreiet. parmi les femmes, Augustine et Madeleine Brohan. Nathalie Favart, Emilie Dubois, E. Guy on, Jouassain. Victoria Lafontaine, Céline Montaland. en attendant Croizette et Sarah Bernhardt. 11 sut en tirer un parti admirable. L'administration diligente, active, éclairée. d'Emile Perrin porta le Théâtre-Français au plus haut degré qu'il eût jamais atteint de prospérité matérielle l.
A la mort d'Emile Perrin, en 1885, Jules Claretie l'ut choisi pour recueillir sa succession. Les premiers incidents auxquels il eut a donner une solution furent la liquidation du procès de Sarah Bernhardt. qui avait rompu ses engagements avec le Théâtre- Français et qui eut a payer cent mille francs de
1. Voici les titres de quelques-unes des pièces principales qui furent jouées rue de Richelieu pendant la gestion d Emile Perrin : Jean de Thommeray, Les Fourchamhault. d'Emile Augier; La Fille de Roland, de Henri de Bornier: Petite pluie. L'Etincelle. Le Monde oit ion s'ennuie, d"Édouard Pailleron : Le Sphinx^ d'Octave Feuillet; L Ami Fritz, d Erckmanu- Chati iau : Rome vaincue, d'Alexandre Parodi; Le Mariage de Vicloriae et Le Marquis de Villemer, de George Sand : Les Corbeaux, d'Henri Becque ; Le Député de Bombignac. de Bisson.
LA MAISON DE MOLlÈrtE. l'J
dommages-intérêts, puis la confusion jetée clans le
Comité par une simple histoire de coulisses qu'on appela « l'affaire Dudlay ».
En dehors de ees conflits domestiques, il semblait que l'auréole brillant au front de la Comédie- Française s'affaiblissait.
La composition de la troupe, la diminution rapide de ses forces, inspiraient des craintes pour l'avenir. Des vides regrettables se produisirent.
Des artistes éprouvés s'en allaient ou annonçaient leur proche départ : et l'on n'était pas en mesure de les remplacer. Des inquiétudes se trahissaient sur les difficultés qu'on aurait à découvrir de
jeunes talents capables seulement de les continuer.
A chaque instant disparaissaient d'excellents ser-
GuT.
(Rùle de Jean Rantzau, dans Les Huiiizaii.)
M. Jules Claretie,
Administrateur de la Comédie-Française
La Comédie-Française,
viteurs. les uns dans la maturité de la vie, d'autres au plein de leur réputation.
Madeleine Brohan s'était retirée après les brillantes représentations du Monde oii Von s'ennuie, qui lurent le dernier et plus complet triomphe de sa carrière d'artiste. Une cause moins volontaire, la maladie, avait amené Thiron à prendre sa retraite. (Tétait une intelligence fine et sûre, un artiste original, que perdaient en lui les fidèles de la Comédie. Une mort imprévue était sur le point de frapper la comédienne exquise Jeanne Samarv. Le sociétaire Jules La Roche, à peu de temps de là, prenait sa retraite. Un autre était parti qui laissait derrière lui un vide plus profond. On n'avait pu retenir Delaunay, l'amoureux par excellence. 1,- Mocket-Sui.lt, eh 1891. Fortunio de légende1,
dont la voix suave et tremblante avait mis en émoi tant d'imaginations féminines. On était encore smiis l'impression de la manier*4 unique dont il avait tenu récemment le rôle de Valère, quand l'ut reprisLe Joueur de Regnard. Avec quel charme pénétrant (huiles paroles de tendresse ou avec quelle passion dans la colère savait-il exprimer les mouvements alternatifs
Cf. F. Loliée. T. a Comédie-Française , p. 355.
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crime àme agitée tour à tour par les passions de l'amour et du jeu, pendant que Coquelin apportait l'art le plus fin, le plus consommé, à traduire le caractère si amusant d'Hector!... On y songeait encore ; mais Delaunay n'était plus là pour en renouveler le plaisir. Et c'étaient des séparations nouvelles