‹ La maison de Socrate le sageChapitre 36 sur 36 · SCENE IX ET DERNIERE · texte numérisé non relu

SCENE IX ET DERNIERE

LES PRÉCÉDENS , ALCIBIADE , se tenant

dans lejond de la Scène , un Esclave ^Alcibiade. L' Esclave^ à Myrthoô.

Alcibiade , Madame , avant que de partir

M YR T H o É , ai^ec émotion.

De partir !... [A Socrate. ) Vous l'entendez; trop sûr de sa conquête , vous voyez qu'il la néglige. . . . Ah ! malheureuse !

Non ; je pense , moi, qu'il croit devoir vous prouve^ qu'étant chargé de commander l'armée que nous allons opposer à celle des Mégariens, il se soumet aux conditions que vous avez vous-même prescrites dans l'hymen qui vous unit . . . Sans doute , craignant que la violence de sa passion ne le forçât à les enfreindre , il a pensé que l'absence étoit le seul moyen de vous montrer jusqu'à quel point il portoit la soumission à vos volontés.

io4 LA MAISON

M Y R T H o É ^ Twcmein agitée.

Non , non , Socrate , pour la première fois de ma vie , je ne puis vous croire. Ce départ précipité m'annonce que sa vanilc , que rien ne corrigera , n'a voulu qu'attacher une nouvelle victime à son char de triomphe* Socrate.

Vous vous trompez, Myrlhoé; je vous jure que je ne crains point d'être le garant de la sincérité de ses senlimens... Au reste... ce départ... il dépend de

vous.... s'il vous déplaît , ordonnez-lui de ne pas

M y R T H O É , très-vwement.

Si sa présence ailleurs est nécessaire à sa Patrie !... mon bonheur ne doit pas l'emporter sur la gloire que lui promet sa valeur héroïque. ( Elle se tait. ) L' Esclave, à part.

Elle est bien éijnue , a ce que je vois ; il faut pourtant que j'achève ma commission. ( A Myrthoé. ) Alcibiade, avant que de partir, demande si vons lui permettez de venir à vos genoux solliciter votre main. ...

Myrthoé, Ah ! dis ii Alcibiade qu'en lui je verrai toujours mon époux ; mais la Patrie a ses droits , ils vont avant les miens ; un simple adieu par écrit.

Alcibiade, s' élançant aux genoux de Myrthoé , et lui prertant les mains qu'il coui^re de baisers.

Ces nobles sentimeus peignent toute la beauté de votre âmej ils ravissent la mienne , et me font repentir des erreurs d'une jeunesse insensée. Je veux les abjurer à vos pieds. Il n'étoit au monde qu'une femme qui put anéantir les goûts d'un cœur volage ; et cette femme

DE SOCRATE. io5

adorable , c'e§t vous. ( // se lèt^e. ) Venez devant l'être inconnu , mais qui est dans le fond de mon cœur, venez entendre le serment solennel que je vous fais , et de fidélité et d'amour, et d'un hommage éternel à vos vertus.

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