LES FANTOMES
Dessin par Louis Boulanger.
11 est heureux, et il n'est que juste, que ce rappel à ratteiition, que nous souhaiterions décisif, se produise dans la maison même de Victor Hugo, dans les murs où Louis Boulanger fréquenta, où il échangea avec le poète tant de beaux enthousiasmes, où il lui apporta le tribut d'une amitié si chère. Ce n'est pas une des moins touchantes conséquences de la fondation de ce musée, et l'on imagine qu'elle eût été chère au poète s'il l'eût pu prévoir.
Un portrait extrêmement curieux, un des plus importants
morceaux de peinture des collections romantiques est le portrait
de Victor Hugo avec sou /ils Charles^ par Auguste de Châtillon,
un artiste plus victime encore que Boulanger des indifi'érences
des temps trop rapprochés, et de qui il est à souhaiter que Ton
retrouve d'autres œuvres, ce dont celle-ci inspirera certainement
le désir aux chercheurs. Châtillon était peintre, sculpteur et
poète. On cite de lui, en sculpture, un joli bas-relief. Fleurette,
l'amie d'Henri de Navarre, étendue morte à la fontaine où elle a
vainement attendu le bien-aimé. Théophile Gautier prisait fort
son volume de vers, la Grand Pinte^ je crois, dont la Levrette en
paletot est restée célèbre. Victor Hugo possédait de Châtillon,
dans sa chambre à coucher de la rue de la Tour-d'Auvergne, un
plafond peint, représentant « une femme couchée, souriant à un
personnage vêtu comme Pétrarque et qui étudie dans un grand