VICTOR HUGO EN 182S
Lithographie par Deverta.
4 LA MAISON DK VICTOR HTGO.
collections voisines du Musée Germanique. Elle est proche de ces remparts qui, comme ferait une vitrine, séparent la Nuremberg archaïque, factice, bien conservée et astiquée, de la véritable et immense Nuremberg industrielle, bourgeoise, militaire, etc., qui entoure l'autre, et dont le touriste superficiel autant que naïf ne soupçonne même pas l'existence. Des gravures, des fac-similés d'autographes, quelque vieille presse qui pourrait être du temps, remplissent tant bien que mal ces chambres restaurées où Durer mena une ^•ie petite et laborieuse, et traça sur le métal, sans avoir besoin de chercher bien loin l'inspiration, la poignante image de la Mélancolie.
Beaucoup plus riche, bien authentique, mieux remplie est la maison natale de Gœthe, à Francfort, et celle où il vécut à Weimar. Elles contiennent des portraits précieux, des documents valables. Les étrangers y sont fort noblement accueillis. A défaut de cette chaleur de cœur qui se donne à l'humanité avec une ardente et magnifiquement folle frénésie, l'œuvre de Gœthe nous off"re l'exemple d'une sérénité grandiose et son génie est le plus purement antique de tous ceux de l'Allemagne. Enfin, la gloire de l'auteur de Faust appartient non moins à l'univers qu'à son propre pays. Tout penseur, tout esprit avide de cette lumière que Gœthe réclamait toujours plus grande en mourant dans cette maison même, peut donc trouver là des minutes de pure rêverie et se retremper contre nos défaillances dans l'évocation de la beauté. Malheureusement, Weimar n'est pas une ville d'universel rendez-vous comme sont Rome, Paris, Florence ou Londres. Le voyage à la maison de Gœthe demeure donc, malgré un incontestable rayonnement, un pèlerinage un peu aristocratique et exceptionnel.
D'autres maisons hantées sont inaccessibles ou trop refroidies. La demeure tarifée de Michel-Ange à Florence est de ces dernières ; même en poussant le besoin d'admirer jusqu'à la
Place des Vosges.