‹ La maison de Victor HugoChapitre 34 sur 92 · AFFICHE DE GRASSET · texte numérisé non relu

AFFICHE DE GRASSET

Foiir la Librairie Romantique .

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exemplaire dont nous avons parlé. Il y a aussi la petite édition « de cabinet de lecture » avec les vignettes de Tony Johannot, et celle de Garnier, richement illustrée, avec une reliure moyenâgeuse. Et les reliures de tous ces ouvrages, puisque nous venons de prononcer ce mot, sont toutes fort belles, la plupart en maroquin plein, vêtements dignes des livres.

Une des curiosités est l'illustration d'un volume des Orientales, édition de i838, par Théophile Gautier! Cette illustration consiste en une simple eau-forte, Sara la Baigneuse^ qui certainement n'a pas rendu la tâche désespérée à Fantin-Latour et à Henner, car elle est aussi naïve qu'elle est... unique, ce qui n'est pas peu dire. Mais, Théophile Gautier illustrant Victor Hugo, cela n'est pas banal, sans compter qu'en dehors de cette raison la pièce explique suffisamment pourquoi Théophile Gautier renonça à l'art pour la poésie, et elle lui donne gain de cause.

Enfin, les plus belles illustrations de certains volumes sont dues à Victor Hugo lui-même, qui enrichit ces volumes de dessins spécialement exécutés pour son ami.

Les Chansons des rues et des bois ont une belle fantaisie en camaïeu, un oiseau dans un nid, et un autre qui voltige autour de l'arbre, le tout sur un fond qui joue très richement.

La Légende des Siècles porte, en outre de la dédicace : » Au poète exquis, au cœur grand et charmant, à Paul Meurice, 1860 » et d'une copie des beaux vers qui lui furent adressés à l'occasion de son drame, Paris ^ un curieux dessin qui résume tout le poème, car on y voit un sphinx dans le désert, une tour assyrienne, une ville gothique, etc., le tout s'arrangeant habilement, et d'une belle couleur.

Les Contemplations sont ornées de façon plus saisissante encore, car le premier volume a pour frontispice un dessin représentant une tombe et simplement intitulé France, et le second volume un

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dessin intitule /f.v/7 et montrant un vaisseau porté sur une mer tumultueuse.

Tels sont les principaux joyaux de cette bibliothèque superbe. Le reste consiste dans toutes les premières éditions de tous les autres ouvrages. Tirages exceptionnels, papiers de prix, riches reliures. Ainsi les bibliophiles y trouveront leur plaisir, le public son enseignement, et le tout sera une leçon de respect des beaux livres et d'admiration d'une grande œuvre.

Nous avons dit que la pièce qui contient cette bibliothèque unique en son genre était aussi le « Cabinet des estampes » du Musée Victor Hugo. Ses cartons ne contiennent pas moins de quatre mille pièces de toute sorte. On comprendra qu'il faudrait tout un volume pour en donner une idée; nous ne pourrons ici qu'en tracer un très approximatif sommaire.

Les pièces romantiques y sont nombreuses, cela va sans dire. Nous n'avons pu résister au désir d'en mettre plus haut hors de pair certaines estampes capitales : les grandes lithographies de Louis Boulanger. Mais il y a encore à parler de Nanteuil, de Tony Johannot, de Devéria ; ils furent non seulement, qui les

CABICATL'RE DE VICTOR HLGO RELATIVE A LA REPRÉSENTATION DES EL RGBAVES.

Par Daumier ,

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LA MAISON- DI-: N'ICTOR lU'CCJ.

illustrateurs, qui les portraitistes, et tous les amis du poète. Nanteuil est un des plus typiques et de ceux qui conquièrent le

mieux, rétrospectivement, nos sympathies. On aime a se

représenter ce grand et svelte jeune homme, à la chevelure blonde,

à la mise recherchée et pittoresque, rêvant, au cours de ses promenades, de tout un peuple de châtelaines, de seigneurs, d'anges, de monstres, de toute une forêt d'ornements gothiques, en un mot de tout un moyen âge à lui, qui n"est peutêtre plus absolument celui que l'érudition a

fixé, mais qui est plein de couleur, de verve, d'invention. Peu

nous importe, après tout, que ce moyen âge ne soit pas d'un très

pur XV'' siècle. Nous l'en tenons quitte, du moment qu'il est si

bien i83o.

On sait que Nanteuil mena encore, mais naturellement avec

moins d'éclat à mesure que la gloire de son illustre ami

s'accroissait, diverses batailles romantiques.

C'était un graveur et un lithographe de premier ordre, et

les pièces que contiennent les cartons du musée sont de

prix.

On admirera dans les vitrines les quatre rarissimes eaux-fortes

faites pour l'édition Renduel, avec la couverture et des états, des

variantes de toute curiosité.

Tony Johannot a été le premier illustrateur de Notre-Dame de

Paris. On retrouvera des épreuves de choix de ses vignettes dont

LE CONURES DE LA l'AIX.

Caricature par Daumier,

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